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Stéphane Burgatt (à Marseille), édité par Juline Garnier
Ce samedi a lieu le dernier match de poule entre les Françaises et les Anglaises à Bayonne. Les filles du XV de France sont à une marche du tournoi des six nations, avec au bout un potentiel Grand Chelem. Le rugby féminin rencontre en ce moment un franc succès, en particulier dans les régions où la culture est plutôt celle du ballon rond, comme à Marseille.
REPORTAGE

En pleine forme, les filles du XV de France sont à une marche de la victoire du tournoi des six nations. Chez la gente féminine, le rugby a de plus en plus la cote. À Marseille, ville pourtant rattachée au football dans l'imaginaire collectif, elles sont nombreuses à s'être inscrites pour pratiquer ce sport où pour elles tout est à créer. Dans le club de la cité phocéenne, des jumelles, Sarah et Mathilde, jouent au poste de trois-quarts centre depuis neuf ans. Le plus difficile pour elles ? Faire accepter l'idée à leur mère.

Du contact dans le jeu, mais pas de violence

"Elle voulait savoir si on allait se casser le nez ou autre. Elle avait peur, alors qu'au final en neuf ans, on ne s'est jamais rien fait", décrivent-elles. "Quand on était petite, on mettait un casque et un protège-dent. Puis, au fil des années, on a commencé à l'enlever et on n'a plus rien."

Élodie, au poste de demi d'ouverture, a quant à elle seize années de rugby féminin au compteur. Elle a transformé ce sport en vraie passion. "C'est un régal. Parce qu'il y a du contact dans le jeu, donc ce n'est pas de la violence, c'est mon loisir. Et franchement, je ne quitterai [ce sport] pour rien d'autre", confie la joueuse. 

Sophie, l'ailière a rejoint l'équipe il y a cinq ans. "J'ai commencé quand le club était encore à sept [joueuses], puis après, on est passé à dix. Aujourd'hui à quinze. Donc cela illustre la volonté d'évolution du rugby féminin", explique-t-elle. 

Mais tout reste à faire pour promouvoir ce sport chez les filles. C'est un combat de chaque instant pour l'entraîneur Antoine Delporte. "Rien n'est acquis, rien n'est fixé, il faut tout le temps être dans l'action, aller chercher dans les quartiers, distribuer des flyers", raconte-t-il. Le coach compte sur les performances du quinze de France féminin pour susciter des vocations. "On croise les doigts."