Un Tour de France féminin ? "C’est impossible" en même temps que le Tour, assure Christian Prudhomme

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Alors que la Coupe du monde féminine connaît un vif succès actuellement en France, Christian Prudhomme a été interrogé dimanche sur le retour d’un Tour de France féminin. Selon le directeur de la Grande Boucle masculine, les obstacles à son organisation sont nombreux. 
FACE AUX AUDITEURS

Le Tour de France féminin, créé en 1984, a disparu du calendrier international en 2009. Alors que la Coupe du monde féminine de football connaît actuellement un vif succès en France, la question d’un retour de l’épreuve a été posée à Christian Prudhomme. "La grandeur du Tour fait que nous ne sommes pas capables d’organiser une autre course pendant le Tour. Que ce soit une course des moins de 6 ans, des plus de 80 ans, des droitiers ou des gauchers, ce n’est pas possible. C’est impossible", a assuré le directeur du Tour de France, interrogé dimanche soir Face aux auditeurs d’Europe 1.

Mais alors, pourquoi le Tour de France féminin a-t-il pu exister de 1984 à 2009 ? "Le Tour de France (masculin) était beaucoup plus petit. Nous avons considérablement grossi. Ce n’est pas possible de faire en même temps", a justifié Christian Prudhomme.

>> L'intégralité de l'émission "Christian Prudhomme face aux auditeurs d'Europe 1" est à écouter dimanche, de 20h à 21h30

"On ne sait pas faire"

Pour expliquer l'impossibilité d'organiser un Tour féminin, Christian Prudhomme a mis en avant le défi que constitue chaque année le Tour de France. "Le Tour, ce sont 29.000 policiers, gendarmes et pompiers. Pensez-vous que nous puissions avoir un seul policier ou pompier supplémentaire pendant le mois de juillet ?", a demandé le directeur du Tour. "On pourrait organiser une autre épreuve, mais on n’aurait pas la télé. Vous vous rendez compte de ce que c’est ? Il y a deux hélicoptères télé, deux hélicoptères relais, un avion relais, les sept motos images, les deux motos sons. Tout ça en double ?", a-t-il poursuivi.

"On me demande d’organiser une épreuve (féminine), mais on ne sait pas faire. Le préfet de Haute-Savoie, qui a accueilli l’étape Annecy-Le Grand Bornand et l’étape féminine (l'année dernière), me prend pour un fou, parce qu’on a tout bloqué. S’il y a une autre course, il faut rester plus longtemps."

"La solution, c’est de l’organiser à un autre moment"

Christian Prudhomme a préconisé d’organiser un éventuel Tour féminin à une autre période que celle du Tour masculin.  "Il faut que l’épreuve ait lieu en dehors du Tour, que ce soit avec nous (ASO) ou d’autres. Il y a un Tour d’Italie féminin, qui n’est pas organisé par les organisateurs du Giro", a expliqué le directeur du Tour, qui a également déploré le désintérêt des médias vis-à-vis du cycliste féminin.

"La solution est médiatique, que les médias en parlent. Quand nous (Amaury Sport Organisation, ASO) organisons la Flèche wallonne féminine, il n’y a même pas les résultats (dans les médias)", a constaté Christian Prudhomme. "Maintenant, évidemment qu’il faut défendre le cyclisme féminin. Que des jeunes filles de 14 ou 15 ans rêvent du Tour et d’avoir une grande épreuve féminine, bien sûr qu’il le faut", a encore estimé le patron du Tour.

"Ce que veulent les filles, ce ne sont pas des courses, c’est la médiatisation", a-t-il certifié. "Marianne Vos (la cycliste néerlandaise), qui est une immense championne, championne du monde et olympique, me l’a dit très clairement. Connaissez-vous la route de France féminine ? Personne ne la connaît, elle n’est absolument pas médiatisée. Personne ne s’est battu pour la défendre. J’ai moi-même donné des coups de téléphone à des élus pour qu’ils accueillent des étapes, on n’a rien eu…"