Morbihan : elles veulent appeler leur fils Ambre mais la justice s'y oppose

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Alors que le Parquet s'est opposé à ce prénom en début d'année, le juge aux affaires familiales a donné raison au couple. La justice tranchera en appel en avril prochain.

Leur enfant est né en janvier 2018... mais pour l'état-civil, il n'a toujours pas de prénom. Voilà la rocambolesque histoire de deux mères originaires d'Etel, dans le Morbihan, en Bretagne. Désirant appeler leur fils Ambre, leur choix a été retoqué par le Parquet mais le juge aux affaires familiales leur a donné raison, rapporte mardi France Bleu. Le parquet a décidé de faire appel. 

Un risque de confusion lié au sexe. En janvier dernier, les deux mères souhaitent prénommer leur fils Ambre, un prénom d'origine arabe. Mais lors de l'enregistrement de la naissance à l'état-civil, l'officier tique et signale le cas au Procureur de la République de Lorient. Ce dernier estime alors que ce prénom comprend un risque de confusion lié au sexe pouvant nuire à l'enfant. Mais le juge aux affaires familiales, dans la foulée, ne voit pas d'inconvénient à cette identité. Le Parquet de Lorient a décidé de faire appel de cette décision. 

"La société est injuste". "La société est très injuste, elle laisse passer des prénoms très ridicules, comme 'Clitorine'. Je me dis qu'un prénom si classique et si ancien (Ambre, ndlr) et reconnu comme 'mixte' ne passe pas, et c'est l’État qui nous attaque ?", s'offusque une des deux mamans, qui se plaint d'une situation morale et financière "difficile". Et de reprocher au procureur "d'agir comme une avocate".

Réponse en avril 2019. Les deux femmes se demandent aussi si elles ne sont pas visées en tant que couple homosexuel. Quoi qu'il en soit, il va leur falloir être patientes car la justice ne tranchera leur cas qu'en avril 2019. En attendant, leur fils grandit et... s'habitue à son prénom.