Second tour des municipales : les maires sortants "favorisés" par la crise ?

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Les mesures sanitaires qui empêchent de faire campagne normalement et l'omniprésence des maires durant la crise font craindre la défaite aux opposants. 1:25
Les mesures sanitaires qui empêchent de faire campagne normalement et l'omniprésence des maires durant la crise font craindre la défaite aux opposants. © AFP
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Le second tour des municipales devrait avoir lieu le 28 juin, et en raison des consignes sanitaires, les campagnes d'entre-deux-tours auront lieu sans meeting ni réunions publiques. Les candidats s'estiment donc lésés face aux maires sortants, plus exposés pendant la crise.
REPORTAGE

Dans un mois, le second tour des municipales aura lieu, si l'évaluation de la situation sanitaire dans 15 jours le permet. Après deux mois d'arrêt total, les candidats que le premier tour n'a pas permis de départager se remettent en campagne, et certains pointent le risque d'une campagne asymétrique, déséquilibrée, avec un maire sortant en première ligne durant la crise. Reportage à Montargis, dans le Loiret.

Le maire sortant "favorisé en termes d'occupation du terrain"

"C'est lui qui est en première ligne, on voit le maire qui fait ci, on voit le maire qui fait ça. Et pendant ce temps là, l'opposition est confinée", déplore Bruno Nottin, dont la liste d'union des gauches est arrivée en deuxième position à Montargis. Pour lui, la crise du coronavirus a crée un déséquilibre en faveur du maire sortant.

Un constat partagé par Edouard Weber, arrivé troisième avec sa liste citoyenne. "Le maire en place n'est pas forcément responsable de ce déséquilibre mais c'est une réalité. Sur deux mois, il a transmis 46 communiqués pour aider effectivement tous les montarguois à passer au mieux le cap. Donc cette situation l'a favorisé en termes de communication et d'occupation du terrain".

Un mois de campagne

Un déséquilibre d'autant plus compliqué à compenser que la campagne sera limitée pour respecter les règles sanitaires : ni meeting, ni porte-à-porte, ni réunions publiques... Le maire sortant LR, Benoît Digeon, se défend d'avoir tiré profit de la situation."On était dans une action de maire, de responsable. Le maire en place, tout le monde raconte qu'il a des avantages. Je peux vous dire qu'il y a laissé des plumes aussi parce qu'on a été très très occupé, c'était très stressant et je vous avoue qu'on n'est pas dans ces calculs-là."

La campagne d'entre-deux-tours, habituellement très courte sur quelques jours seulement, rappelle le maire sortant, a déjà débuté, et laissera donc près d'un mois aux candidats pour se relancer dans la bataille électorale.

Europe 1
Par Claudia Bertram, édité par Séverine Mermilliod