À Saint-Martin, Macron reconnaît les "impatiences" un an après Irma

, modifié à
  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :
En visite à Saint-Martin, un peu plus d'un an après l'ouragan Irma, le chef de l'État a dit ne pas "mésestimer (…) le travail qui reste à accomplir" sur l'île.

Il avait promis à la population en souffrance qu'il reviendrait un an après : Emmanuel Macron est arrivé samedi à Saint-Martin, ravagée par l'ouragan Irma, et a aussitôt reconnu "les impatiences" d'une île sinistrée.

De retour sur l'île, un an après. "Engagement tenu : je suis là", a lancé le chef de l'État dans une brève allocution tenue sur le tarmac de l'aéroport de l'île. D'une intensité sans précédent sur l'Atlantique, avec des vents de plus de 350 km/h, Irma a fait onze morts à Saint-Martin et endommagé 95% du bâti les 5 et 6 septembre 2017.

"Beaucoup a été fait". Depuis, a dit Emmanuel Macron, "beaucoup a été fait pour rétablir l'eau, l'électricité, le téléphone, commencer à reconstruire de manière durable et exemplaire et sans perdre de vue la responsabilité qui est collectivement la nôtre de ne pas reproduire" les erreurs. "Je sais aussi", a poursuivi le président, "les impatiences, les difficultés qui demeurent, et le travail qui reste à accomplir. Je ne mésestime rien, c'est aussi cela que je veux entendre".

Ne pas reproduire "les erreurs du passé". La région n'est "pas à l'abri de nouveaux événements de ce type", a souligné Emmanuel Macron, appelant à ne pas reproduire "les erreurs du passé" et ainsi "mettre en danger de fait la vie des uns et des autres". Emmanuel Macron arrive à Saint-Martin au troisième et avant-dernier jour d'une visite qui l'a déjà mené en Guadeloupe et en Martinique, et doit s'achever dimanche sur l'île de Saint-Barth. Au cours de cinq heures de discussion avec une population impatiente de voir une amélioration de ses conditions de vie, Emmanuel Macron a dénoncé "une île dans laquelle il y a eu trop de connivences, trop d'entente parfois même de la corruption. Il faut que ça cesse". 

Emmanuel Macron "en colère" contre les entreprises. Il s'est notamment dit "en colère avec un système qui s'est habitué à l'inefficacité, avec manifestement des entreprises qui ont décidé que ça allait à leur rythme qui n'était pas forcément le rythme des besoins des gens, avec des grands groupements, on l'a vu sur les logements sociaux dont je n'ai pas cru comprendre qu'ils manquaient d'argent, et qui n'ont pas été fichus de réparer les toits." Le chef de l'État doit auparavant déjeuner avec des restaurateurs et des hôteliers, autour de la question du tourisme, seul moteur économique de l'île fortement impacté par Irma, puisque les hôtels et restaurants étaient le plus souvent situés sur le littoral et ont été violemment touchés par les submersions et les vents violents de l'ouragan.

Relancer le tourisme. Saint-Martin mise sur une reprise partielle du tourisme pour la saison haute en décembre, avec environ 800 chambres (hôtels, chambres d'hôte, villas en location, etc.) opérationnelles, soit les deux tiers de ce qui existait avant le passage de l'ouragan. Mais l'île, qui s'était concentré sur un tourisme de masse, à l'inverse de l'île voisine de Saint-Barthélemy qui a misé sur le luxe, avait déjà quasiment perdu la moitié des chambres au cours des 10 dernières années, rappelle Philippe Gustin, délégué interministériel à la reconstruction. "Le secteur touristique était déjà malade avant Irma, avec des hôtels souvent vieillissants, ne répondant plus aux attentes des touristes".

"Il y a aujourd'hui une volonté d'améliorer ce qui existait (...), d'être dans une logique de montée en gamme en terme de qualité, mais aussi de développement durable et de sécurité. C'est une réalité qui entraîne des délais plus longs parce qu'il ne s'agit pas de refaire rapidement n'importe quoi", a-t-il dit.

Les stigmates de l'ouragan encore présents. À Saint-Martin, où les maisons n'étaient pas toujours aux normes, les dégâts ont été très importants et les stigmates de l'ouragan sont encore présents, comme le prouvent les logements encore non reconstruits, et les toitures toujours bâchées. La reconstruction est en cours mais les retards sont importants, notamment pour les établissements scolaires et les résidences des bailleurs sociaux. Dans la partie française qui comptait 35.000 habitants avant l'ouragan (on estime que plusieurs milliers sont partis depuis), Emmanuel Macron est notamment attendu à Quartier d'Orléans auprès de sinistrés.