Demande d'aménagement de peine de Patrice Alègre : "Les tueurs en série libérés ont quasiment toujours récidivé"

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Interrogé par Europe 1, Stéphane Bourgoin, écrivain spécialisé dans l'étude des serial killers, commente le prochain dépôt d'une demande de libération conditionnelle par Patrice Alègre, reconnu coupable de cinq meurtres en 2002. 
INTERVIEW

L'annonce de son avocat, Pierre Alfort, suscite de nombreuses réactions : après 22 ans de rétention - la durée de sa période de sûreté -, le tueur en série Patrice Alègre, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 2002 après cinq ans de détention provisoire, va déposer une demande de libération conditionnelle. Interrogé par Europe 1, Stéphane Bourgoin, écrivain spécialisé dans l'étude des serial killers, estime au micro de Wendy Bouchard que le risque de récidive doit être pris en compte par la justice.  

Bien que le dépôt de cette demande dès début septembre respecte la procédure, Stéphane Bourgoin "doute fortement qu'un individu aussi dangereux que Patrice Alègre puisse être libéré". Après avoir effectué des interviews avec 77 tueurs en série, l'écrivain défend une position claire : "Quasiment tous, lors de mes entretiens, m'ont dit que s'ils étaient libérés un jour, ils recommenceraient à tuer". Interrogé sur la libération récente de Jean-Claude Romand, auteur d'un quintuple meurtre sur ses enfants, sa femme et ses parents en 1993, le spécialiste établit cependant une différenciation, jugeant qu'il s'agit là d'un "crime de masse" : "ce n'est pas un tueur en série". 

"Les mentalités judiciaires ont évolué"

"Mais l'histoire criminelle nous montre que des tueurs en série, aussi bien en France qu'à l'étranger, lorsqu'ils ont été libérés, parfois pour des raisons de vice de procédure d'ailleurs, ont quasiment, à 98%, toujours récidivé", appuie Stéphane Bourgoin. "Depuis un certain temps, les mentalités judiciaires ont évolué", pointe encore l'écrivain. "Récemment, en 2008, Michel Fourniret (condamné pour le meurtre de huit femmes et adolescentes, ndlr) a écopé d'une réelle perpétuité et ne pourra jamais sortir de prison, par exemple." 

 

 

Europe 1
Par Margaux Lannuzel