C'était probablement le moment le plus attendu depuis le lancement de cette commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public. L'audition de Patrick Cohen, l'éditorialiste de France Inter, au cœur d'une vive polémique début septembre, quand le média L'Incorrect avait capté à son insu une discussion avec des cadres du Parti socialiste. Une discussion aux airs de véritables réunions de campagne pour battre Rachida Dati dans la course à la mairie de Paris.
Cette vidéo était évidemment le sujet principal de ce 18 décembre. Avant toute chose, Patrick Cohen cible CNews, puis L'Incorrect et se défend d'avoir voulu "faire ce qu'il faut pour Rachida Dati", comme on l'entend pourtant dans la vidéo polémique.
"N'inversez pas les rôles", se défend Patrick Cohen
"Je n'ai pas cherché à discréditer cette candidate. C'est elle qui a cherché à ruiner ma réputation sur un plateau de télévision. N'inversez pas les rôles", s'est défendu Patrick Cohen. Interrogé sur un éditorial concernant la mort du jeune Thomas à Crépole, diffusé en 2023, qui avait choqué l'opinion publique et certains proches du jeune homme, Patrick Cohen commence par assumer jusqu'au bout : "À la lumière de ce qu'on sait de l'enquête judiciaire, je n'ai pas une phrase, pas une seule phrase à retirer de cet édito".
Mais le rapporteur de la commission Charles Alloncle, député UDR, rappelle notamment l'usage dans cet éditorial du terme "néo-nazi" pour qualifier des militants d'ultra-droite descendus à Romans-sur-Isère. L'éditorialiste dénonce un raid médiatique, mais allège ses propos : "J'aurais peut-être dû être plus prudent dans mon expression. Je peux le redire aujourd'hui, j'aurais dû être plus prudent".
A la suite de cette intervention, l'Arcom avait épinglé Patrick Cohen en 2024 pour des commentaires, je cite, dénués de précautions oratoires.
Thomas Legrand, écarté par France Inter juste après l'affaire, a crié à la manipulation tout en esquissant un mea culpa. Il a reconnu notamment une maladresse même s'il n'a aucun regret et il se justifie : "J'aurais pas tenu ces propos devant un public non averti de ce qu'est la vie politique, de ce que est la vie journalistique, de c'est le jargon journalistique".
Thomas Legrand confirme les informations révélées par Europe 1
En revanche, Thomas Legrand réaffirme son opposition idéologique à Rachida Dati, qui l'accuse de Trumpisme. Sur le fond également, l'ancien chroniqueur de France Inter assure avoir un engagement politique : "J'ai des sensibilités, elles sont avouées. Je suis un peu écologiste, je suis plutôt à gauche".
Un homme de gauche, donc, et selon lui, son travail consiste à donner des arguments pour la bataille culturelle en cours. Enfin, Thomas Legrand confirme les informations révélées par Europe 1, notamment son rendez-vous avec Laurence Bloch, l'ancienne directrice de France Inter, sa volonté d'obtenir le soutien du député socialiste Emmanuel Gréloire lors de son audition, et surtout le fait que Laurence Bloch avait condamné ses propos sur Rachida Dati.