La lutte contre Omicron passe par "les mêmes outils" que contre Delta a martelé Delfraissy. 1:55
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Afsané Sabouhi, édité par Ugo Pascolo , modifié à
S'il semble être à l'origine d'un vent de crainte depuis son apparition, le variant Omicron est-il si dangereux ? Le Conseil scientifique a en tout cas tenu à être rassurant lundi, lors d'un point presse. Pour les blouses blanches qui conseillent le gouvernement, comparer la situation en Afrique du Sud et en France est hasardeux.

Des frontières qui se (re)ferment, un monde qui se barricade. Depuis l'apparition du variant Omicron en Afrique du Sud, un vent de peur semble s'être emparé d'une partie du monde. Alors que le G7 santé appelle à une "action urgente" face à un variant "hautement transmissible", l'OMS juge même que ce nouveau virus est un risque "très élevé" au niveau mondial. Pourtant, selon le Conseil scientifique, il faut raison garder face à cette nouvelle menace qui est encore loin d'avoir livrée tous ses secrets.

Une situation très différente de la France

C'est ainsi qu'en conférence de presse lundi matin, les scientifiques qui conseillent le gouvernement français ont tenu à faire redescendre la pression et à mettre en garde contre les comparaisons avec l'Afrique du Sud. La population y est plus jeune, la couverture vaccinale composée essentiellement des vaccins Janssen et AstraZeneca est seulement de 32%, et le variant Delta est presque inexistant. Bref, la situation de Johannesburg n'a rien à avoir avec celle de Paris, ni même du Vieux Continent.

Et cela change tout, a rappelé le professeur Arnaud Fontanet. "Quand ce virus va arriver sur l'Europe et la France, il va arriver à une population largement vaccinée et un variant Delta très actif." Impossible donc de savoir si Omicron va devenir majoritaire, martèle-t-il. "C'est une question entièrement ouverte." D'ailleurs, si le variant Delta est bien implanté, il peut prévenir la circulation du variant Omicron. 

La priorité est de lutter contre le variant Delta

Par conséquent, c'est bel et bien contre le variant Delta qu'il faut lutter actuellement, avec le vaccin. "On a probablement une efficacité diminuée, mais qui persiste. Et plus on a des anticorps élevés, plus ce sera efficace. D'où l'intérêt de faire des rappels, en attendant d'en savoir plus", affirme l'infectiologue Yazdan Yazdanpanah. "La réponse à la cinquième vague liée au variant Delta et celle au variant Omicron, c'est même combat", ajoute de son côté le médiatique professeur Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique. 

La lutte passe par "les mêmes outils, en particulier cette vaccination de rappel. On est à sept millions de troisième dose et il faut que l'on accélère encore cette stratégie, en priorité pour les populations les plus âgées, les plus fragiles. L'efficacité sera encore plus marquée si l'on vaccine les plus de 50 ans et les plus fragiles." Une vaccination qui doit s'accompagner d'un redoublement de gestes barrières, comme le port du masque et l'aération.