Adoption du traité UE-Mercosur : la ministre de l'Agriculture Annie Genevard se place du côté des agriculteurs, dénonçant un accord «injuste et irrespectueux»
L'adoption du traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur, malgré les mobilisations agricoles à travers l'Europe, place la ministre Annie Genevard sur un terrain glissant. Elle assure ce vendredi vouloir "démultiplier les contrôles" et "exiger des mesures miroirs" afin de contrer l'arrivée massive de produits étrangers.
C'est une bien mauvaise nouvelle pour les agriculteurs français et la triste fin de semaines de mobilisation à travers l'Europe. Après un vote de la majorité des pays européens, et malgré l'opposition de la France, le traité de libre-échange entre l'UE et le Mercosur sera bien signé et mis en vigueur.
Alors que la colère des exploitants français risque de s'attiser, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a lancé une opération déminage, ce vendredi, avec des annonces en faveur du secteur.
Une brigade spéciale pour contrôler les produits importés
"Je m'adresse directement aux agriculteurs. Pour leur dire ceci, votre message est reçu 5 sur 5", a-t-elle assuré, soutenant qu'il est "incompréhensible que des produits chassés par la porte rentrent par la fenêtre sous la forme de denrées importées". Elle parle ainsi d'un texte "injuste, illogique, incohérent et même irrespectueux pour le travail de nos agriculteurs".
Alors, Annie Genevard a essayé de rassurer, en proposant plusieurs mesures concrètes.
"Nous continuerons donc à exiger que des mesures miroirs soient prévues à chaque fois que l'Europe parle de traité commercial. Je démultiplierai les contrôles grâce à une brigade spéciale faite exprès pour cela. Elle ira dans les ports, les aéroports, les entrepôts, les magasins pour éviter que ce qui passe entre les mailles du filet des contrôles aux frontières dans certains ports ne se retrouve dans les assiettes des Français", a-t-elle martelé.
La ministre dit vouloir simplifier les contrôles pour les intensifier sur les denrées importées. Une manière de donner l'illusion de l'action face à un accord commercial subi et non choisi.