«Je ne sais pas comment on va s’en sortir» : après le feu vert de l'UE pour l'accord avec le Mercosur, les agriculteurs se disent «abattus»
Rassemblée à Strasbourg (Bas-Rhin) afin de protester contre l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur, la cinquantaine d'agriculteurs de la Coordination rurale a bien du mal à cacher sa déception. Ils critiquent vivement le décalage entre les paroles d'Emmanuel Macron et les décisions promulguées à Bruxelles.
Ce vendredi, la très grande majorité des pays européens ont soutenu l'accord de libre-échange avec le Mercosur, malgré la colère vive des agriculteurs français et de certains de leurs confrères à travers l'Europe. Les votes d'opposition de la France, la Pologne, la Hongrie, l'Irlande et l'Autriche n'ont pas suffi à faire flancher Bruxelles.
Un coup dur pour la cinquantaine d'agriculteurs de la Coordination rurale réunis à Strasbourg pour bloquer le pont de l'Europe, qui relie la France à l'Allemagne. "On savait que ça allait venir", se désolent-ils.
"On en croit plus en nos politiques"
Alexandra, qui gère une ferme pédagogique, a eu mal à cacher son émotion. "Je suis triste. Très triste vraiment, déçue. Je suis abattue depuis que j’ai appris ça tout à l’heure officiellement. Je ne sais pas comment on va s’en sortir, c’est désespérant", réagit-elle.
Et peu importe que la France ait voté contre le texte, les agriculteurs interrogés par Europe 1 ne se disent "pas dupes".
"Cela ressemble bien à notre président. Il s’assure que les dés soient lancés pour donner un avis qui peut nous faire un peu plaisir, mais on sait très bien que, finalement, il est pour. Maintenant, on a cerné le personnage. Mais c’est pour cela qu’on ne croit plus en nos politiques non plus, c’est en grande partie à cause de lui", soutient Jean, céréalier.
Rejoints par une vingtaine de tracteurs allemands, les agriculteurs oscillent entre découragement et détermination à poursuivre le combat. Parce qu'au-delà du Mercosur, la dermatose nodulaire attise encore toutes les colères.