Accord UE-Mercosur : les agriculteurs mettent leur colère en exposition devant le Louvre-Lens
À l’appel de la FNSEA, des agriculteurs du Pas-de-Calais ont mené une action symbolique ce jeudi devant le Louvre-Lens. Une dizaine de toiles représentant des filières agricoles menacées ont été installées pour dénoncer les conséquences du traité de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur.
Dépôts de carburant bloqués à Bassens, en Gironde, accès à la ville de Rodez barrés par des pneus et des déchets, péage occupé à Perpignan sur l’A9… Les agriculteurs se sont mobilisés ce jeudi 8 janvier 2026 pour bloquer le pays, notamment afin de protester contre la signature de l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur.
Dans le Pas-de-Calais, un rassemblement a également été organisé, de manière plus symbolique. À l’appel de la FNSEA, les agriculteurs se sont rendus devant le musée du Louvre-Lens pour alerter sur ce qu’ils qualifient de risque de mort imminente de l’agriculture française.
"L’objectif, c’est de montrer qu’on ne veut pas que ça finisse au patrimoine, donc dans un musée"
Devant l’entrée du musée, des tableaux représentant des pommes de terre, des endives et des volailles ont été installés. Une dizaine de toiles, disposées sur des chevalets, illustrent des filières agricoles en danger, explique Lucie Delbarre, présidente de la FDSEA du Pas-de-Calais.
"On a mis quelques petits panneaux de notre agriculture française. L’objectif, c’est de montrer, devant le Louvre-Lens, qu’on ne veut pas que ça finisse au patrimoine, donc dans un musée", détaille-t-elle.
Cette action symbolise, selon Lucie Delbarre, ce qui risque de se produire à cause du traité de libre-échange et de l’importation de produits sud-américains.
Des visiteurs compréhensifs
Sur place, une vingtaine d’agriculteurs échangent avec les visiteurs du Louvre-Lens, français, espagnols et belges. "C’est une très belle exposition, une belle initiative et certainement nécessaire", confie une curieuse. Un autre rétorque : "C’est notre manière de manifester, tout aussi parlante que des actions peut-être plus dures."
"C’est très important de montrer que vous avez, en France, une agriculture vivante et engagée. Continuez comme ça. Bon courage", encourage un touriste espagnol. Des agriculteurs de la FDSEA se disent prêts à poursuivre leurs actions, même si le traité est signé dans le week-end.