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Médecins libéraux en colère : des milliers de blouses blanches dans les rues contre le budget de la Sécu

Mathis Lang - Mis à jour le . 1 min
Médecins libéraux en colère : des milliers de blouses blanches dans la rue contre le budget de la Sécu
Médecins libéraux en colère : des milliers de blouses blanches dans la rue contre le budget de la Sécu © Quentin de Groeve / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

La mobilisation prend de l'ampleur chez les médecins libéraux. En grève depuis le début de la semaine, ils ont manifesté ce samedi après-midi pour dénoncer les mesures d'économies prévues dans le budget de la Sécurité sociale 2026, qu'ils jugent injustes et menaçantes pour leur liberté d'exercice.

Le ton est monté d'un cran chez les médecins libéraux. Réunis en nombre ce samedi, ils étaient plusieurs milliers à défiler dans les rues de Paris, au départ de la place du Panthéon. En cause : certaines dispositions du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, perçues comme une remise en cause de leur travail et de leur indépendance. 

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Les manifestants appellent le Premier ministre, Sébastien Lecornu, à leur "faire des propositions" face à ce qu'ils qualifient de "dérive autoritaire". Dans le cortège, pancartes et slogans traduisent d'un profond ras-le-bol. "Sans médecin, pas de soins et la Sécu ne sert à rien", pouvait-on lire dans les mains d'Azza, chirurgienne obstétricienne. 

Très émue, elle peine à contenir sa colère au micro d'Europe 1 : "On ne fait que travailler, payer des taxes d'enfer et on est traités comme des délinquants qui pillent la Sécu ! Non mais ça va pas non ?". 

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La crainte d'une remise en cause de la liberté d'exercice 

Parmi les principaux reproches adressés au gouvernement, une mesure visant à limiter les prescriptions médicales. Une disposition vécue comme une stigmatisation par la profession. Moktaria Alikada, présidente de l'association Médecins pour demain, rejette fermement cette mesure. 

"Les médecins n'ont rien à faire dans cette loi. On les accuse de surprescrire alors que les prescriptions viennent du fait que la population est plus vieille et plus malade. Les dépenses de santé augmentent, mais on n'est pas responsables", clame-t-elle. 

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La mobilisation rassemble aussi de nombreux jeunes praticiens, inquiets pour leur avenir. Jean Élie, 25 ans, interne en cardiologie, confie son désarroi : "On est remplis de doutes, on s'interroge tous sur notre devenir. Alors qu'on est les principaux moteurs des gens. Si les gens n'ont plus la santé, le pays ne fonctionne pas. On vit ça un peu comme un abandon". 

Symbole de ce malaise grandissant, le jeune interne prévoit de participer à un "exil" symbolique organisé à Bruxelles, destiné à alerter sur la fuite des médecins à l'étranger. Plus de 2.000 praticiens devraient prendre part à cette initiative, pour faire entendre la voix d'une profession qui estime ne plus être écoutée.