«On est en sur-afflux» : dans le Var, la grève des médecins impacte lourdement la prise en charge des patients
Médecins libéraux mobilisés : une grève prévue pendant 15 jours pour contester plusieurs modalités votées dans le PLFSS
© Quentin Top / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Depuis lundi, de nombreux cabinets médicaux sont rideaux baissés. Ils dénoncent des politiques qui les piétinent et un budget de la sécurité sociale insuffisant. La principale conséquence de cette forte mobilisation des médecins, c'est la pression qui s'accroît sur les services d'urgence et un afflux massif de patients dans les cabinets médicaux ouverts.
Pour tenter une sortie de crise, l'ensemble des syndicats de la profession a lancé un appel à un mouvement de grève du 5 au 15 janvier. Selon les premières estimations communiquées par la ministre de la Santé, l’activité a baissé, lundi, de 15 % chez les généralistes et de 6 % chez les spécialistes. Une mobilisation qui touche directement les patients.
Dans une volonté d'apaiser les tensions, la ministre Stéphanie Rist a envoyé une lettre à l'intersyndicale dans laquelle elle propose de les recevoir ce samedi au ministère.
"50 kilomètres de trajet pour venir consulter"
Fiévreux et courbaturé, Christophe a bien essayé de se rendre chez son médecin mais il a trouvé porte close. Il a donc cherché un cabinet ouvert autour de chez lui mais sans succès. "Non, pas de place. Quand c'est pour un rhume, on patiente. Mais quand c'est pour une urgence, il faut descendre à l'hôpital. Mais bon, l'hôpital c'est la croix et la bannière. Vous savez quand vous arrivez, mais vous ne savez pas quand vous repartez. À la maison médicale de Montauroux, on a été pris rapidement".
Le docteur Gisèle Djaziri est médecin urgentiste au pôle santé de Montauroux. "On est en sur-afflux avec beaucoup de cabinets fermés sur le secteur et même dans les secteurs environnants puisqu'on a des gens qui viennent même de Grasse, des Alpes-Maritimes. Donc facilement 50 kilomètres de trajet pour venir consulter", explique-t-elle.
Et le docteur Gisèle Djaziri craint désormais l'enlisement du conflit. "J'espère sans grande illusion que la cause des médecins soit entendue. pas sûre qu'elle le soit, donc j'ai bien peur que la grève perdure et c'est pour ça qu'on essaye de s'y adapter en envisageant d'ajouter des médecins dans notre service". En Provence-Alpes-Côte d'Azur, plus de la moitié des cabinets médicaux sont actuellement fermés.