«Ce n'est pas la joie totale» : après la chute de Nicolás Maduro, un Vénézuélien en exile partage son inquiétude
Une semaine après la chute de Nicolás Maduro, l'incertitude politique règne au Venezuela. Si la chute du chef d'État a d'abord déclenché des scènes de joie, les milices vénézuéliennes tentent depuis de dissiper les liesses. Pour Cheo Mendieta, exilé en France, la dictature "continue d'être établie".
Au pouvoir depuis 2013, Nicolás Maduro a été capturé par les Etats-Unis le 3 janvier et inculpé devant le tribunal de New-York. Alors que le pays subit un marasme économique sous sa présidence, également marquée par la répression, de nombreux Vénézuéliens avaient fui le régime. Malgré la chute du dictateur, ils n'ont pas l'intention de se précipiter pour rentrer dans leur pays. C'est le cas de Cheo Mendieta, 40 ans, qui s'est installé dans le nord de la France.
"Couper la tête ne suffit pas"
Exilé depuis 13 ans à Lille, Cheo Mendieta, infirmier de profession, regarde une chaîne colombienne pour suivre l’actualité de son pays. Une semaine après la capture de Nicolás Maduro et son inculpation, le soulagement est relatif. "Aujourd’hui, je me sens content, heureux mais c'est pas la joie totale. On ne sait pas ce qui va se passer, parce que le groupe de gouvernement de Maduro est toujours au pouvoir. La dictature, elle continue d'être établie au Venezuela", s'inquiète-t-il. Car, "c'est comme un cartel", ajoute-t-il : "couper la tête ne suffit pas".
Une chaviste est au pouvoir, Delcy Rodriguez mais c’est le prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, que Cheo Mendieta voudrait voir à la tête du pays. "C’est notre vrai leader. La seule personne qui représente le vouloir d’un changement", assure-t-il. Un changement qui passe par l’exploitation maximale du pétrole. Il faisait la richesse du pays dans les années 70.
Mainmise américaine sur le pétrole : "une bonne nouvelle"
Alors que les Etats-Unis veulent mettre la main sur cet or noir, ce n'est pas un problème pour cet exilé. "Les Américains vont investir pour relancer le système pétrolier du Venezuela. Donc, c’est une bonne nouvelle, c'est l’avenir. La population au Venezuela aujourd’hui, son salaire minimum c’est 5 dollars", déplore-t-il.
Au-dessus de son canapé trône le drapeau du pays sud-américain aux trois bandes jaune, bleu et rouge. Il sera bientôt accroché à la fenêtre du balcon, conclut Cheo Mendieta, quand la totalité du gouvernement Maduro sera tombée.