Crise agricole : «Notre métier est foutu», le ras-le-bol d'un agriculteur au micro d'Europe 1
Les agriculteurs poursuivent leur mobilisation ce vendredi pour protester contre la signature de l'accord UE-Mercosur et dénoncer des conditions de travail toujours difficiles. Au micro d'Europe 1, Nicolas, éleveur de chèvres qui a participé aux blocages à Paris, partage le ras-le-bol et les inquiétudes de toute une profession.
Ils font encore entendre leur colère ce vendredi. Les agriculteurs restent mobilisés à Paris, et ailleurs en France, en parallèle de la signature de l'accord UE-Mercosur, dont le feu vert a été donné par une majorité de pays européens, et des conditions de travail toujours difficiles. Parmi eux, Nicolas, éleveur de chèvres dans le Tarn-et-Garonne, qui a témoigné au micro d'Europe 1.
"Si mes filles choisissent un autre métier, je ne serai pas déçu"
"Notre métier est foutu. J'aimerais encore y croire, mais je n'y crois plus", se désespère-t-il auprès d'Olivier Guenec. Pour celui ce fromager, l'agriculture telle qu'on la connait est vouée à disparaître. "Les petites fermes ne pourront pas fonctionner. On ne pourra pas produire la qualité que l'on veut donner au prix où on nous la paye. C'est voué à l'échec", déplore-t-il.
Cet éleveur de chèvres en Occitanie s'est également exprimé dans l'émission Pascal Praud et vous. Au micro d'Olivier Guenec, Nicolas estime que "c'est la France des terroirs qui meurt". "C'est même un paysage qui va mourir. Dans le Tarn-et-Garonne, on a déjà des endroits en friches. Les agriculteurs ont vendu leurs terres parce qu'ils n'y arrivaient plus. Ça a été acheté par des gros pollueurs", dénonce l'exploitant.
L'agriculteur mobilisé s'inquiète pour l'avenir de la profession, et aussi celui de ses deux filles. Il ne serait pas surpris qu'elles ne reprennent pas son élevage. "Je leur ai donné l'amour du métier, mais si elles choisissent autre chose, je ne serai pas déçu, au contraire. Si c'est pour faire une vie à travailler durement, pour ne pas être reconnu et ne pas gagner sa vie, ça ne sert à rien. Personne ne peut souhaiter ça à ses enfants", concède Nicolas.