Coronavirus : le port du masque à l'école peut-il perturber les enfants ?

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Le masque sera obligatoire pour les collégiens et les lycéens. 1:30
Le masque sera obligatoire pour les collégiens et les lycéens. © AFP
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Pour cette rentrée marquée par l'épidémie de coronavirus, le port du masque sera obligatoire pour les professeurs, collégiens et lycéens. Pour Jeanne Siaud-Fachin, psychologue spécialiste des apprentissages, invitée lundi d'Europe 1, cette contrainte peut perturber les élèves, notamment au niveau de la concentration et de leur capacité d'apprentissage. 

Marquée par l'épidémie de coronavirus, c'est une rentrée scolaire pleine d'inconnue qui s'annonce pour les enseignants et leurs élèves, avec notamment le port obligatoire du masque pour les professeurs, collégiens et lycéens. Mais cette mesure, nécessaire sur le plan sanitaire, risque d'avoir d'importantes conséquences sur la concentration des élèves, ainsi que sur leurs capacités d'apprentissage, craint Jeanne Siaud-Fachin, psychologue spécialiste des apprentissages, invitée lundi d'Europe 1.

"Masquer la moitié d'un visage, pour une enseignante de maternelle, va rendre les enfants très perplexes sur un plan émotionnel", estime-elle. Pour éviter une telle situation, pourrait-on imaginer des masques transparents ? Le ministère ne l'a pas exclu pour la maternelle, tandis qu'on pourrait aussi les imaginer au collège pour l'apprentissage des langues. 

"Compliqué de comprendre quelqu'un dont on ne voit pas la bouche"

Par ailleurs, à partir de 11 ans, les élèves auront leur propre masque à gérer, ce qui pourrait avoir un impact sur leur concentration. "Pour des enfants qui vont se retrouver masqués pour la journée, c'est un énorme distracteur au niveau de l'attention", assure Jeanne Siaud-Fachin. "Ça va perturber leur capacité d'attention, de mémorisation. Et même sur un plan cognitif, c'est beaucoup plus compliqué de comprendre quelqu'un dont on ne voit pas la bouche."

Reste qu'à ce ce stade, il n'y a pas d'autres options. Mais à terme, pourquoi ne pas afficher des photos très expressives des professeurs et des élèves en classe ? Pourquoi ne pas inventer des smileys en langue des signes ? Il faudra bien se montrer imaginatif, conclut la psychologue.

Europe 1
Par Anne Le Gall, édité par Antoine Terrel