Pour Clémentine Autain, "le moment n’est absolument pas venu de s'écarter de LFI, même si ça n’est pas toujours facile"

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Clémentine Autain 1280 1:30
La députée insoumise réclame notamment plus de transparence dans le fonctionnement des instances du mouvement. © Europe 1
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La députée insoumise tient un meeting dimanche dans le but de rallier des soutiens à gauche, alors que la direction de La France insoumise dénonce dans une tribune des "vieilles formules réchauffées".
INTERVIEW

La députée Clémentine Autain organise dimanche au cirque Romanès à Paris un meeting pour un "big bang" de la gauche politique. Le patron de la CGT Philippe Martinez, le porte-parole du NPA Olivier Besancenot ou encore Guillaume Balas, le coordinateur national de Générations, le mouvement de Benoît Hamon, y sont notamment attendus. Si cette démarche de rassemblement a été raillé au sein de La France insoumise, Clémentine Autain assure qu’elle n'entend pas rompre avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. "Ce que nous entreprenons c’est un acte de rassemblement, donc je ne vais pas commencer par poser un acte de rupture, ce serait contradictoire avec ma démarche", a-t-elle expliqué dimanche au micro de Bernard Poirette, sur Europe 1.

"Il ne s’agit pas de faire contre La France insoumise mais avec La France insoumise. C’est pourquoi je trouve que le moment n’est absolument pas venu de m’écarter de la France insoumise, même si ça n’est pas toujours facile", explique l'élue qui a récemment critiqué l'opacité avec laquelle son collègue Adrien Quatennens avait été nommé coordinateur du mouvement. "J’entends les critiques émises, et le désespoir d’un certain nombre de militants qui ont voulu améliorer l’outil en disant que le fonctionnement démocratique ne convenait pas, et je partage cette critique. De désespoir, certains s’en vont. Je l’entends, mais ce n’est pas mon choix."

"Il faut travailler avec d’autres, c’est obligatoire"

La députée entend par sa démarche fédérer la gauche, qui est apparue très morcelée pendant les élections européennes. "Personne ne va réussir à partir de sa seule organisation à dégager la voie qui nous permettra d’être majoritaire. […] Il faut travailler avec d’autres, c’est obligatoire", martèle Clémentine Autain. "Le paysage politique que nous avons pu voir se cristallise pendant les élections européennes est dangereux pour notre pays : il y a maintenant la macronie qui s’ancre, qui n’a pas pris une raclée électorale comme on aurait pu le penser après la crise des 'gilets jaunes', et de l’autre côté, l’extrême droite qui menace maintenant, concrètement, d’accéder au pouvoir", analyse-t-elle.

Son initiative, pourtant, est loin de convaincre dans les rangs insoumis. Dans une tribune publiée dimanche par le JDD, une quarantaine d'élus et membres de La France insoumise, estiment que "l'union de la gauche, la gauche plurielle ou même le Front de Gauche (qui) appartiennent au passé". Les signataires, parmi lesquels les députés Mathilde Panot et Adrien Quatennens, et les eurodéputés Manuel Bompard et Leïla Chaibi, fustigent ainsi "un retour aux vieilles formules réchauffées".