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Crise agricole : avant la rencontre à Matignon, Annie Genevard appelle à la «désescalade»

Eliott Laine . 2 min
Annie Genevard chercherait à revenir au gouvernement de Sébastien Lecornu.
Crise agricole : avant la rencontre à Matignon, Annie Genevard appelle à la "désescalade" AFP / © Guillaume BAPTISTE / AFP

Dans un entretien accordé à "La Tribune Dimanche", la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a de nouveau appelé à la "désescalade" face aux syndicats agricoles, qui envisagent de relancer les mobilisations, notamment en raison de la crise liée à la dermatose nodulaire bovine. Une rencontre entre les syndicats agricoles et le Premier ministre est également prévue en début de semaine

Le feuilleton se poursuit. Alors que les syndicats agricoles doivent se rendre à Matignon en début de semaine, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, appelle à la "désescalade", à un moment clé où les mobilisations face à la crise agricole pourraient très prochainement se relancer.

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Dans un contexte marqué par de fortes tensions, la ministre insiste sur la nécessité d’apaiser le climat, alors que plusieurs dossiers sensibles continuent d’alimenter la colère du monde agricole.

Des inquiétudes persistantes

Face à la vague de controverses autour du traité de libre-échange UE-Mercosur et du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), autres sources majeures d’inquiétude pour les organisations syndicales, Annie Genevard assure vouloir défendre les intérêts français dans la perspective de la prochaine Politique agricole commune (PAC).

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Alors que Matignon avait promis vendredi des "annonces (…) dès ce dimanche", la ministre temporise finalement, indiquant que les organisations syndicales "préciseront leurs attentes dans les prochains jours".

"Il faut vraiment opérer une désescalade de la violence, cesser les blocages, et cela relève de la responsabilité des organisations syndicales", a-t-elle déclaré. Annie Genevard a également appelé à sanctionner toute forme de violence ou de dégradation, qu’elle considère comme "le fait d’une minorité".

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Le coût du MACF toujours jugé trop élevé

Interrogée sur le MACF de l’Union européenne, entré en vigueur le 1er janvier et qui pénalise notamment les céréaliers importateurs d’engrais, la ministre affirme avoir "déjà agi pour réduire la facture de plus de moitié".
Toutefois, "le coût reste tout de même de 4 000 euros par an et par exploitation. Nous voulons un coût zéro pour nos agriculteurs", ajoute-t-elle.

Dans le même temps, Annie Genevard indique que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a écrit à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sur ce sujet. La France souhaite également rallier d’autres pays européens afin "d’exiger un report ou une suspension du mécanisme pour les engrais". De son côté, la FNSEA estime l’impact du MACF à près de 500 millions d’euros pour les grandes cultures.

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Mercosur : une mesure conservatoire annoncée

Concernant le traité UE-Mercosur, auquel le monde agricole est fortement opposé, opposition ayant conduit au report de sa signature au 12 janvier, Annie Genevard affirme avoir "activé une mesure conservatoire applicable à la France et sur laquelle Bruxelles devra se prononcer".

Cette mesure prévoit la suspension de l’importation de denrées en provenance d’Amérique du Sud contenant des substances interdites en Europe.

Inquiétudes autour du budget agricole

Enfin, à l'approche de la reprise des discussions budgétaires prévue jeudi, la ministre a appelé "à la responsabilité" des députés.
"Le fait que le budget ait été retoqué par le Parlement suscite une énorme préoccupation, notamment pour l’agriculture", a-t-elle déclaré, soulignant que "de nombreux dispositifs, comme le plan viticole, dépendent de l’adoption rapide d’une loi de finances".