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Tiffany Fillon
Invité sur Europe 1, le docteur Christophe Prudhomme, ​porte-parole de l’Association des Médecins urgentistes de France et délégué national CGT, a déploré mardi que les entreprises françaises ne produisent pas assez de masques pour les soignants, en première ligne face à la pandémie de coronavirus. 
INTERVIEW

La France a reçu lundi huit millions et demi de masques contre le Covid-19. Une livraison venue de Chine qui ne fait pas l'unanimité, comme c'est le cas pour le docteur Christophe Prudhomme, ​porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France et délégué national CGT. Il regrette que les entreprises françaises n'aient pas assez de poids dans la production d'équipements médicaux. 

"Nous sommes un certain nombre à avoir alerté depuis des années sur le fait que nous massacrions notre outil productif de matériaux médicaux", a ainsi dénoncé Christophe Prudhomme sur Europe 1, qui regrette aussi une dépendance trop forte de la France vis-à-vis de l'étranger. 

"Si l'on manque de respirateurs, c'est parce que nous n'avons plus d'usines. Nous avons tout vendu à l'étranger. Les vampires pillent les brevets, ferment les usines en France et partent à l'étranger. C'est la même chose sur les masques et les médicaments", dénonce le ​porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France. 

Le modèle LMVH 

Mais Christophe Prudhomme garde espoir, en rappelant par exemple que l'entreprise LVMH a été capable "très rapidement, sans que l'État lui demande, de transformer ses chaînes de production de parfums en chaînes de production de gel hydroalcoolique". Le médecin estime que d'autres secteurs pourraient être réquisitionnés par l'État comme le textile ou la chimie, qui sont selon lui "capables de réorienter très rapidement leur production".  

Christophe Prudhomme dénonce ainsi un certain immobilisme économique du gouvernement face à cette crise. "Aujourd'hui, c'est la grande débrouille en France. On a l'impression que l'État est tétanisé et incapable de prendre des mesures et de fermer les marchés", pointe-il.