Déconfinement : le patronat veut un accompagnement du chômage partiel au-delà du 1er juin

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Après l'annonce du plan de déconfinement d'Édouard Philippe devant l'Assemblée nationale, les organisations patronales Medef et CPME ont demandé mardi soir que le financement par l'État du chômage partiel soit prolongé au delà du 1er juin, malgré la mise en oeuvre progressive du plan de reprise d'activité à partir du 11 mai.

Mardi soir, quelques heures après la présentation du plan de déconfinement par Édouard Philippe devant l'Assemblée nationale, le Medef et la CPME ont demandé à ce que l'État finance le chômage partiel au delà du 1er juin. Un salarié sur deux est actuellement en chômage partiel, soit plus de 10 millions de Français, un record absolu. Dans un communiqué, le Medef "demande que l'activité partielle soit prolongée au-delà du 1er juin car beaucoup d'entreprises n'auront pas retrouvé une activité normale à cette date".

"S'il ne nous appartient pas de nous prononcer sur la stratégie sanitaire mise en place par le gouvernement pour contenir l'épidémie de Covid-19, force est de constater que les conditions ne seront pas réunies au-delà du 11 mai, pour permettre à l'économie française de tourner à plein régime", a estimé de son côté la Confédération de Petites et Moyennes entreprises (CPME). "Il faudra en tirer les conséquences, notamment en maintenant les mesures d'accompagnement des entreprises. La possibilité de recourir au chômage partiel devra donc, par exemple, aller au-delà du 1er juin", ajoute la CPME.

"Annuler les charges sociales et fiscales plutôt que les reporter"

Si le Medef "salue le retour progressif à une activité économique normale à partir du 11 mai", il "met en garde" contre "le risque d'une économie atone qui fait peser une menace sur la reprise et sur l'emploi". La CPME est plus sévère : le Premier ministre "n'a pas été en mesure de nous donner la visibilité que nous escomptions". "Dans un grand nombre de secteurs, les modèles économiques seront remis en cause. Les entreprises ne pourront assumer à la fois les surcoûts et les baisses d'activité, accentuées par l'incertitude", prévient-elle.

 

"Si la réouverture des commerces hors alimentaire est une bonne nouvelle, les mesures sanitaires imposées auront un coût financier direct et indirect qui impactera à la fois leur compte d'exploitation et leur chiffre d’affaires. Dans ce contexte, annuler les charges sociales et fiscales plutôt que les reporter sera sans doute indispensable", estime la CPME, rejointe sur ce point par les artisans, commerçants et professions libérales regroupés au sein de l'U2P.

La CPME demande par ailleurs des "clarifications" sur les responsabilités des patrons en cas de contamination de salariés ou de clients dont on ignore l'origine.