Meurtre de Sophie Toscan du Plantier : 30 ans de réclusion requis contre Ian Bailey en son absence

, modifié à
  • A
  • A
Ian Bailey ne s'est pas rendu à son procès (photo d'archives).
Ian Bailey ne s'est pas rendu à son procès (photo d'archives). © AFP
Partagez sur :
L'avocat général a également demandé à la cour d'assises de prononcer un nouveau mandat d'arrêt à l'encontre de cet ancien journaliste, que l'Irlande a refusé d'extrader par deux fois. 

L'accusation a requis vendredi la peine maximale de 30 ans de réclusion criminelle contre le Britannique Ian Bailey, jugé depuis lundi par défaut par les assises de Paris pour le meurtre de Sophie Toscan du Plantier à Noël 1996 en Irlande. 

"Une condamnation exemplaire"

L'avocat général Jean-Pierre Bonthoux a également demandé à la cour d'assises de prononcer un nouveau mandat d'arrêt à l'encontre de cet ex-journaliste pigiste de 62 ans, qui clame son innocence et que l'Irlande a refusé par deux fois d'extrader. Le représentant de l'accusation a demandé "une condamnation exemplaire" pour "un crime atroce, un crime barbare sur une femme qui est seule" et qui a "vécu sans doute deux, trois minutes de terreur et de souffrances". 

La productrice française de 39 ans, mariée au célèbre producteur de films Daniel Toscan du Plantier, avait été retrouvée morte au matin du 23 décembre 1996, en contrebas de sa maison isolée de Schull, sur la côte sud-ouest de l'Irlande.
Sophie Toscan du Plantier a succombé à de multiples coups portés à la tête et les nombreuses blessures de défense décelées lors de l'autopsie montrent qu'elle s'est farouchement débattue. Très vite, l'un de ses excentriques voisins, le Britannique Ian Bailey, avait fait figure de suspect.

Un mobile "sexuel"

Placé deux fois en garde à vue en 1997 et 1998, il a toujours nié être l'auteur du crime et n'a jamais été poursuivi en Irlande faute de preuves suffisantes. Pour l'avocat général, il y a au contraire "une accumulation de charges" à son encontre. Il portait sur le front et les avant-bras des égratignures qu'il n'a pu se faire que dans la nuit du 22 au 23 décembre, il a "extrêmement varié" sur son emploi du temps et il a eu "connaissance d'éléments" sur le crime avant tout le monde, a souligné Jean-Pierre Bonthoux.

Ian Bailey a surtout "fait des aveux", à sa rédactrice en chef, à des amis et à un adolescent qu'il a pris en stop, et un "aveu indirect mais extrêmement détaillé" à un ex-ami et employeur, venu témoigner mardi à la barre. Le mobile est "sexuel, même si dans son martyr, Sophie Toscan du Plantier n'a subi aucune atteinte sexuelle", a affirmé l'avocat général.

L'accusé n'étant ni présent ni représenté par un avocat, la cour composée de trois magistrats professionnels a clos les débats et s'est retirée pour délibérer. Le verdict est attendu dans l'après-midi.