Isère : 200 personnes sans masque à une soirée clandestine dans une friche industrielle

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Une fête clandestine organisée à Saint-Marcellin en Isère a rassemblé 200 personnes sans masque. IMAGE D'ILLUSTRATION © Free-Photos / pixabay
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Avec l'assouplissement des mesures de confinement ce week-end, certains en ont profité pour organiser une soirée clandestine dans une friche industrielle samedi soir à Saint-Marcellin en Isère, rassemblant quelque 200 personnes. Le maire, rencontré par Europe 1, a tenté de raisonner les fêtards, sans succès.

Un vent de liberté a soufflé sur la France ce week-end. Avec l'allègement des règles du confinement, comme les ballades autorisées à 20 km du domicile pendant 3 heures, certains en ont profité... Parfois un peu trop au goût des voisins et des forces de l'ordre. À Saint-Marcellin en Isère, 200 personnes se sont rassemblées, en toute illégalité et sans masque, lors d'une free-party dans la nuit de samedi à dimanche.

Au petit matin, une centaine de personnes ont reçu un PV pour non-respect du confinement et non-port du masque. Mais le mal était déjà fait puisque la rave-party a eu lieu durant plusieurs heures sur le site d'une usine désaffectée, en bordure de lotissement, en plein centre-ville de Saint-Marcellin. Les 200 teufeurs venus de toute la France, et même de pays frontaliers, étaient arrivés la veille au soir, au dernier moment. Impossible de prévoir le lieu, et surtout impossible pour les 50 gendarmes sur place d'intervenir, car les fêtards avaient tout prévu.

"Ils avaient barricadé le site, les pompiers et les gendarmes ont reçu des cailloux", explique le maire de la ville, Raphaël Mocellin, à Europe 1. "Il y a toute une stratégie, c'est pensé et réfléchi. Ils cherchaient les confrontations en début de soirée, j'y étais jusqu'à 2h30 du matin, il y avait un grand feu, un grand brasier, de la musique techno à tue-tête", poursuit-il.

Dialogue impossible

L'édile, dans la nuit, a quand même tenté de dialoguer avec l'une des participantes. "Une personne qui avait 35 ans, et qui venait pour faire la fête, estimait que c'était la liberté, avant tout c'était la liberté. J'ai essayé de la raisonner, mais vous ne pouvez pas, c'est impossible", raconte-t-il. En essayant d'aborder le sujet du confinement et de l'épidémie, le maire s'est vu répondre que tout était faux, que "c'est les médias qui ont monté le confinement et le Covid-19, c'est du hors-sol", juge-t-il.

Personne ne portait de masque samedi soir. Le risque de voir se déclarer un cluster géant dans les jours qui viennent n'est donc pas à écarter. Le recueil d'une centaine d'identités pour dresser les PV pourra alors s'avérer utile dans très peu de temps pour remonter les chaînes de transmission.

Europe 1
Par Jean-Luc Boujon édité par Cécile de Sèze