Charlie Hebdo : "Ce jour-là, je m'apprêtais à partir de la rédaction"

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Europe 1
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VIDÉO -Chaque matin tout au long de l’été, Europe1 revient sur les grands reportages qui ont marqué la saison de la radio, en compagnie d’un reporter de la rédaction.

 

Le 7 janvier dernier, Jean-Sébastien Soldaïni était mobilisé, comme tous les journalistes de la rédaction, pour traiter l’attaque de Charlie Hebdo puis la prise d’otage de l’Hypercahser de la Porte de Vincennes.

"Ce jour-là, je m'apprêtais à partir de la rédaction. Je terminais ma vacation du matin. L'actu du jour était qu’Emmanuel Macron trouvait que les jeunes entrepreneurs français n'étaient pas assez ambitieux. Et vers 11h45, le journaliste du service police-justice nous disent que des coups de feu sont entendus rue Nicolas Appert. "C'est l'adresse de Charlie Hebdo" me dit l'un d'eux juste avant que je ne saute sur la moto Europe 1. Direction Boulevard Richard Lenoir."

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C'est l'adresse de Charlie Hebdo me dit l'un des journalistes.

Il est précisément 12h07 quand Jean-Sébastien Soldaïni prend la parole. C'est le premier aperçu en direct de ce qui est en train de se passer près de Charlie Hebdo. Le reporter est alors, sans le savoir, tout près du corps d'Ahmed Merabet, le policier tué au cours de l'attaque. Dans la foulée, la rédaction d'Europe 1 passe en édition spéciale. Jean-Sébastien Soldaïni passe l'après-midi devant les locaux de Charlie Hebdo. Locaux qu'il est encore aujourd'hui impossible d'approcher.

"L'immeuble est entouré des barrières. Placé sous scellés depuis le 7 janvier. Avec à l'intérieur encore toutes les archives du journal. Aujourd'hui, l'hebdo est toujours hébergé dans les locaux de Libération. Hebdo qui était au bord du dépôt de bilan avant ces attentats, mais qui après la mobilisation populaire est désormais sauvé financièrement. Le premier numéro publié après les attentats s'est vendu à 8 millions d'exemplaire.

Le nombre des abonnements a été multiplié par 10. La rédaction serait à la tête d'un capital avoisinant les 10 millions d'euros. Capital qui fait débat chez les journalistes de Charlie. Certains souhaitent que chaque salarié présent avant les attentats puisse devenir actionnaire. En fait, ils ne veulent pas que les patrons empochent le pactole comme ça avait été le cas après les ventes exceptionnelles de 2006, après la polémique des caricatures de Mahomet."

La direction du journal a décidé que Charlie Hebdo allait devenir une entreprise solidaire de presse. Un statut qui impose de réinvestir au moins 70 % des bénéfices et qui oblige les actionnaires à être des collaborateurs du journal.


Retour sur la tragédie de Charlie Hebdopar Europe1fr