EDITO - Engagée, médaillée, expérimentée : pour être porte-drapeau aux Jeux de Tokyo, "je vote Mélina Robert-Michon"

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Plusieurs noms circulent quant au choix du futur porte-drapeau de la délégation tricolore aux Jeux olympiques de Tokyo. Notre éditorialiste sport, Virginie Phulpin, a choisi Mélina Robert-Michon. Lanceuse de disque, cette quadragénaire, mère de famille et multi-médaillée, est engagée dans la lutte contre le dopage. Des valeurs à mettre en avant !
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A quelques mois des Jeux olympiques de Tokyo au Japon, la France n’a pas encore choisi de porte-drapeau pour guider sa délégation olympique. Depuis quelques jours, plusieurs sportifs avouent qu’ils en rêvent. Les noms du perchiste Renaud Lavillenie, du nageur Florent Manaudou ou encore de la judoka Clarisse Agbegnenou ont déjà circulé. Loin des favoris, notre éditorialiste Virginie Phulpin mise sur une discipline trop peu connue et une athlète féminine multi-médaillée. Elle fait campagne pour la lanceuse de disque Mélina Robert Michon.

"Être porte-drapeau, ça peut sembler un peu anecdotique. Être en tête de la délégation française lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, le drapeau tricolore fièrement brandi pour faire le tour du stade... Mais c’est aussi être un capitaine pour tous les athlètes français, un chef de file pour mettre de l’huile dans les rouages, encourager, endosser un rôle de leader. Symbolique, mais ô combien important pour des Jeux réussis.

Et les symboles, Mélina Robert-Michon les collectionne. D’abord, c’est une femme. Et si on veut soutenir le sport féminin autrement que par de bonnes paroles, ça me semble une bonne idée de désigner une sportive comme porte-drapeau. Surtout que ça n’arrive pas si souvent. La dernière, c’était Laura Flessel aux JO de Londres en 2012, puis trois hommes en 2014, 2016 et 201, Jeux d’hiver et d’été confondus. Donc ce serait bien d’équilibrer un peu la balance.

Une athlète engagée dans la lutte anti-dopage

Ensuite, c’est une femme qui aura 40 ans cet été. C’est bien aussi de montrer que même en sport, on n’est pas forcément fini quand on est quadragénaire, et qu’on peut au contraire faire profiter les autres de sa précieuse expérience. Ce seront ses 6èmes JO depuis Sydney 2000, jusqu’à sa médaille d’argent à Rio en 2016. Et c’est une femme de 40 ans mère de deux enfants. D’ailleurs Mélina Robert-Michon a décroché toutes ses médailles internationales après la naissance de sa première fille, il y a neuf ans. Elle a une deuxième fille depuis l’an dernier, et elle est encore revenue. Vous ne pensez pas que c’est un exemple à mettre en valeur en 2020 ?

Enfin c’est une sportive engagée dans la lutte contre le dopage. Cela aussi, c’est une image que j’ai envie de voir à la tête de la délégation française. L’athlétisme tricolore connaît quelques secousses liées au dopage ces derniers temps, et ça ferait du bien de voir une pasionaria du sport propre guider les sportifs français.

Un sport confidentiel à mettre à l'honneur

Le problème c’est que beaucoup de Français ne la connaissent pas du tout, Mélina Robert-Michon. Mais justement ! Elle est lanceuse de disque, et oui, c’est un sport méconnu, on n’en voit à la télé que pour les JO et les Mondiaux d’athlétisme, et encore. Est-ce que ce n’est pas aussi l’occasion de mettre en lumière un sport confidentiel ? Moi c’est l’idée que je me fais des Jeux olympiques.

Parce que j’ai entendu 'et si c’était Kylian Mbappé notre porte drapeau' ? Non, franchement… Il est fantastique, Mbappé, évidemment. Mais j’ai déjà dit que je ne trouvais pas forcément souhaitable de le voir aux JO, et puis on ne peut pas avoir une star du foot comme porte-drapeau. Il y a quand même plus olympique comme sport que le football.

Evidemment il y a d’autres noms qui circulent et qui méritent aussi d’être distingués. Le perchiste Renaud Lavillenie, le décathlonien Kevin Mayer. Mais une femme, ça me semble indispensable en 2020. On parle aussi de Clarisse Agbégnenou, la judoka multititrée. Oui, je suis persuadée qu’elle serait aussi une formidable porte-drapeau, elle en a envie en plus. Mais à Rio en 2016 c’était Teddy Riner, donc il vaut peut-être mieux changer de sport. Alors oui, pour toutes ces raisons, moi je vote Mélina Robert-Michon. Et vous ?

Europe 1
Par Virginie Phulpin, édité par Mathilde Durand