PHOTO - À Paris, le collectif #NousToutes dénonce "le 100ème féminicide" de l'année

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Les militantes se sont rassemblées au Trocadéro, dimanche.
Les militantes se sont rassemblées au Trocadéro, dimanche. © AFP
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Les militantes ont brandi des panneaux dédiés à chacune des victimes, après la découverte du corps sans vie d'une femme dont le compagnon a été interpellé. 

Une centaine de militantes du collectif #NousToutes se sont rassemblées dimanche soir place du Trocadéro à Paris pour dénoncer "le 100ème féminicide de l'année", alors que s'ouvre mardi le "Grenelle" destiné à lutter contre les violences conjugales, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Faire reculer de manière radicale toutes les violences sexistes et sexuelles"

Brandissant des panneaux dédiés à chacune des victimes, les manifestantes ont rendu hommage aux femmes tuées en égrénant à tour de rôle leurs prénoms: "Céline, Sarah, Maguy, Clothilde, Eliane, Euphémie..." avant de coller les pancartes sur le sol. "Nous voulons un milliard, pas un million", ont lancé à l'unisson les manifestantes, en allusion à leur demande récurrente: "Il nous faudrait un milliard d'euros pour lutter efficacement contre les violences conjugales, c'est trois fois et demi moins que ce que coûtent chaque année" ces violences, a assuré à l'AFP Anaïs Leleux, du collectif #NousToutes.

"Si la France le décidait aujourd'hui elle pourrait faire reculer de manière radicale toutes les violences sexistes et sexuelles que cachent les féminicides", a de son côté affirmé à l'AFP Caroline De Haas, autre membre de #NousToutes, en assurant que "beaucoup de féminicides auraient pu être empêchés s'il n'y avait pas eu de dysfonctionnements".

Un Grenelle déjà dénoncé par les associations

Dimanche matin, le collectif militant "Féminicides par compagnon ou ex" a recensé un 100ème féminicide en France depuis le 1er janvier, après la découverte du corps sans vie d'une femme sous un tas de détritus à Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes. 

Dans la nuit de vendredi à samedi, la police de Cagnes-sur-Mer avait reçu un appel pour signaler une "dispute conjugale" se déroulant dans une rue du quartier où a été découvert le corps. "On ignore pour l'instant s'il y a un lien entre les deux", a indiqué une source policière à l'AFP. "C'est un féminicide probablement conjugal que nous choisissons de publier au conditionnel", a de son côté affirmé le collectif "Féminicides par compagnon ou ex" qui tient un décompte des féminicides dans les médias sur internet.

Pour l'année 2018, le ministère de l'Intérieur avait recensé 121 féminicides. Mardi s'ouvrira à Matignon un "Grenelle des violences conjugales" très attendu par les associations invitées mais déjà conspué par les militantes féministes non-conviées, qui dénoncent une opération de communication.