Agriculteurs en colère : manifestations et barrages à Toulouse avant le vote sur le Mercosur
Ce mercredi 7 janvier, des agriculteurs ont investi les rues autour de Toulouse pour protester contre la gestion de la dermatose bovine et l’accord Mercosur. Plusieurs barrages ont été érigés, malgré les arrêtés préfectoraux, et certains tracteurs se dirigent déjà vers Paris.
Des agriculteurs sont de retour dans les rues ce mercredi 7 janvier, à l’approche d’un vote crucial sur le Mercosur, mais aussi pour protester, une nouvelle fois, contre la gestion de la dermatose bovine.
Autour de Toulouse, notamment, des membres de la Coordination rurale n’ont pas hésité à braver les arrêtés d’interdiction pris par la préfecture pour empêcher les manifestations, où des dizaines de barrages ont été érigés tout au long de la journée.
Le périphérique toulousain a été, en partie, bloqué. Les tracteurs ont fait face aux gendarmes sans pouvoir rentrer à l'intérieur de Toulouse. Tout a débuté très tôt ce mercredi matin.
"Quand vous savez que vous allez tout perdre, il n'y a plus grand-chose qui vous arrête"
Répartis aux quatre coins de la ville, les différents cortèges sont composés d'éleveurs comme Florian Marronnès. "On avait demandé à ce qu'on puisse ne tuer que les bêtes malades. C'est toujours l'intégralité des troupeaux. On sent qu'on peut tout perdre dès le lendemain. Quand vous savez que vous allez tout perdre, il n'y a plus grand-chose qui vous arrête", témoigne l'agriculteur.
Et justement, plus grand-chose ne peut arrêter Enzo. "Moi, actuellement, je suis céréalier. Sur mon exploitation, je n'arrive à rien me dégager. C'est misérable, quoi. On est pris pour des merdes. Ça fait deux ans qu'on nous balade. Et il va falloir amplifier les blocages. Quitte à, comme aujourd'hui, être en infraction, ce n'est pas grave. Il faut qu'on continue et on a envie. On n'attend que ça, maintenant", exprime Enzo.
Une mobilisation qui continue ce mercredi soir et pourrait bien se poursuivre ce jeudi 8 janvier. Si tout s'est déroulé sans altercation avec les forces de l'ordre ce mercredi, au moins deux agriculteurs ont été placés en garde à vue pour entrave à la circulation.
Un appel pour monter sur Paris
Toujours à l'appel de la Coordination rurale, des agriculteurs sont déjà en route vers Paris, à l'image de ces quatre tracteurs qui ont tenté de forcer un barrage de gendarmerie dans les Yvelines.
Trois interpellations ont été effectuées après ce coup de force. La ministre de l'Agriculture, Annie Gennevard, appelle les paysans en colère à manifester dans le calme, sans bloquer la capitale.