Colère agricole : «On paie des années de mensonge», clame Pierre Lellouche
Ce jeudi, de nombreux agriculteurs sont entrés à Paris pour manifester leur colère face à l’accord prochainement signé entre l’Union européenne et le Mercosur. Pour Pierre Lellouche, ancien ministre et invité de La Grande interview Europe 1-CNews, "on paie des années de mensonges".
"La fin d’années de mensonges". Des tracteurs d'agriculteurs membres du syndicat Coordination rurale sont entrés au cœur de Paris jeudi avant l'aube et certains ont gagné la tour Eiffel ou l'Arc de Triomphe, afin de porter dans la capitale les revendications d'une profession en colère. Pour l’ancien ministre Pierre Lellouche, invité de La Grande interview Europe 1-CNews, "on paie des années de mensonges".
"Emmanuel Macron paye lui-même ce qu’il a fait"
"Moi, j’avais ce dossier sur mon bureau au Commerce extérieur il y a 12 ans. Le Mercosur, c’est 25 ans de négociations. Le problème, c’était la protection de nos agriculteurs face à des exploitations énormes en Argentine ou au Brésil qui n’utilisent pas les mêmes antibiotiques et autres, avec beaucoup de choses que nous n’utilisons pas", déplore-t-il.
Pour le spécialiste des questions internationales, "il y avait un problème de protection qui n’a jamais été réglé". "On a raconté tout et le contraire. Et là, Emmanuel Macron paye lui-même ce qu’il a fait. C’est-à-dire qu’il y a un mois et demi, en Amérique latine, il a dit : 'finalement, le Mercosur, ça me va'. Contrairement à ce qu’il avait dit précédemment et ce qu’il dit aujourd’hui", dénonce Pierre Lellouche.
Les agriculteurs sont "au bord du désespoir"
"C’est à la dernière minute qu'on se rend compte qu'il faut des systèmes de protection de nos agriculteurs. Et on va inventer des inspecteurs qui vont être dans les ports où vont arriver ces marchandises. Tout ça, ce n’est pas sérieux", juge l’ancien ministre. Il estime que les agriculteurs sont "au bord du désespoir et ça donne ça".
L’invité de Sonia Mabrouk explique notamment que deux domaines sont fédéralisés en Europe : l’agriculture et le commerce extérieur. "On a délégué notre souveraineté. On a biberonné nos agriculteurs à la PAC depuis des années. Et sur le commerce extérieur, on a abandonné notre contrôle de nos droits de douane. On a donné ça à quelqu'un d'autre, qui est le commissaire au commerce extérieur et qui négocie à notre place", conclut-il.