Arc France en redressement judiciaire : inquiétude et colère chez les salariés
Le verrier Arc France, implanté à Arques, près de Saint-Omer, a été placé en redressement judiciaire. Une décision lourde de conséquences pour les salariés : 500 emplois sont aujourd’hui menacés sur un effectif de 3.500 personnes.
La colère et l’inquiétude dominent à Arques, près de Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais. Le verrier Arc France, fleuron historique de l’industrie française de la vaisselle en verre, a été placé, ce mercredi 7 janvier, en redressement judiciaire. Une nouvelle alerte pour un secteur industriel fragilisé par la concurrence internationale.
Sur les 3.500 salariés que compte aujourd’hui l’entreprise en France (5.700 dans le monde), 500 postes sont menacés. Un coup dur pour les employés, dont certains ont passé toute leur carrière au sein de l'entreprise. Didier et Sylvie, salariés depuis plus de quarante ans, peinent à cacher leur émotion. "On est dégoûtés là. Pour nous, c’est une catastrophe", ont-ils confié au micro d'Europe 1. "C’est toute ma vie. Je n’ai même pas vu mes enfants grandir parce qu’on était tout le temps dans l’usine. Maintenant, quand on fout le travail, ça fait mal quand même", ont ajouté ceux qui travaillent depuis de longues années au sein de l'entreprise.
"Le pire, c’est pour les jeunes"
L’inquiétude est d’autant plus forte pour les plus jeunes générations. "Moi je suis en fin de carrière, mais j’ai mon garçon qui est rentré là il y a trois ans. Je pense pour lui. Mais le pire, c’est pour les jeunes quand même", a ajouté l’un des salariés. Arc France a longtemps été un géant industriel. Dans les années 2000, l’entreprise employait près de trois fois plus de personnes. Depuis plusieurs années, elle est sous perfusion financière, soutenue par des aides de l’État et de la région.
Pour CGT Arc, la situation est d’autant plus difficile qu’elle se répète. "C’est terriblement dur, d’autant que ce n’est pas la première fois. On est passé par plein de plans de sauvegarde. Ce que je déplore le plus, c’est que des gens vont perdre leur emploi. Il va falloir gérer tout cela", a expliqué Frédéric Speck, délégué syndical.