À Nantes, la colère monte après la mort de Steve : "Ce n’est plus une disparition, c’est un homicide"

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Fontaine de faux sang à Nantes en hommage à Steve (1280x640) LOÎC VENANCE / AFP 1:10
© LOÎC VENANCE / AFP
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À Nantes, le soulagement d'avoir retrouvé le corps de Steve se mêle à la colère après la divulgation du rapport de l'IGPN, qui dédouane la police de toute responsabilité dans sa mort. 
REPORTAGE

À Nantes, où plusieurs rassemblements ont eu lieu mardi soir, le soulagement d'avoir retrouvé le corps de Steve, disparu depuis plus d'un mois, se mêle à la colère après la divulgation du rapport de l'IGPN, la "police des polices", qui n'établit pas "de lien" entre l'intervention des forces de l'ordres et sa disparition.

Sur la place Royale, place principale de la ville, l’eau de la fontaine a été teintée d’un colorant rouge, symbole du sang de Steve dans la Loire selon les organisateurs de ce rassemblement. Des brassards noirs ont également été enfilés aux bras des centaines de statues blanches installées sur la place en marge de la programmation du Voyage à Nantes.

Entendu sur europe1 :
On nous dit que ce n’est pas dû à la police. Je ne l’admets pas après les images que l’on a vues

Cette initiative citoyenne vise à rendre justice à Steve. "On fait manifester les statues à notre place, pour montrer le deuil de la ville pour un jeune Nantais", explique à Europe 1 Stéphane, membre du collectif "Où est Steve ?". "Ce n’est plus une disparition, c’est un homicide : cette personne est tombée dans la Loire suite à des violences", dénonce-t-il.

Des amis de Steve se sont eux aussi rassemblés spontanément dans plusieurs lieux, à commencer par l’endroit où le corps du jeune homme a été découvert. Nathalie, une mère de famille nantaise, est venue lui rendre hommage, mais aussi exprimer sa colère suite au rapport de l’IGPN qu’elle estime tronqué. "Ça me rend triste. On nous dit que ce n’est pas dû à la police. Je ne l’admets pas après les images que l’on a vues." Une déambulation en hommage au jeune homme s'est également tenue de la place Royale jusqu'au commissariat de Nantes.

Dans son rapport, l'IGPN écarte tout lien entre l'intervention de la police et la chute du jeune homme dans la Loire. Selon ce texte, il n'y a pas eu de charge, uniquement des tirs de gaz lacrymogène en riposte aux jets de projectile.

Europe 1
Par Hélène Terzian, édité par Romain David