Incendie de Crans-Montana : sécurité des bars, des discothèques… quelles sont les normes en vigueur en France ?
Près d'une semaine après l'incendie dans un bar en Suisse ayant fait 40 morts et plus de 115 blessés, la France va renforcer les contrôles dans les établissements de nuit à Paris. Et tenter de prévenir les risques là où les normes de sécurité sont les moins importantes.
Alors que la commune de Crans-Montana (Suisse) a reconnu mardi sa responsabilité dans l'incendie du bar ayant fait 40 morts et 116 blessés lors du Nouvel an, en France, les contrôles vont être renforcés dans les établissements de nuit à Paris.
Dans un courrier, le préfet de police annonce que des visites inopinées seront prochainement diligentées afin de s’assurer du respect de la réglementation.
Des normes bien plus strictes
Depuis l’incendie du 5-7, une discothèque de Saint-Laurent-du-Pont, en Isère, le 1er novembre 1970, les normes de sécurité dans ces lieux sont plus strictes que dans les bars, car les risques sont plus importants. Le nombre de sorties de secours est par exemple plus élevé, la signalisation est renforcée et une procédure de sécurité engagée, en cas d’incendie.
"Dès que l’alarme est déclenchée, automatiquement, la sono s’arrête. Plus de musique, le micro du DJ est coupé. Ensuite, vous avez un message sonore diffusé à l’ensemble de la clientèle l’invitant à sortir dans le plus grand calme. Un éclairage d’ambiance différent va être mis en place avec une source d’énergie différente, par batterie. Bref, la sécurité des discothèques aujourd’hui est optimale", explique à Europe 1 Christian Jouny, délégué général du syndicat national des discothèques et lieux de loisirs.
Le plafond et les meubles doivent être non-inflammables
En cas d’évacuation, les clients sont guidés par un personnel spécialement formé. Les sorties de secours sont fléchées, sachant qu'il en faut au moins deux pour les discothèques, les bars et les restaurants accueillant jusqu’à 500 personnes, et au moins trois au-delà.
Par ailleurs, le plafond ainsi que les meubles installés dans les établissements de nuit doivent être ignifugés. "Les matériaux au plafond doivent être non-inflammables et il en est de même pour le mobilier, les sièges, les canapés et les coussins", ajoute Thierry Mzeutem, directeur général de Prévéris, un bureau d’étude spécialisé dans la prévention des risques d’incendies.
Une capacité d’accueil limitée
La capacité des discothèques est également limitée à 4 personnes pour 3m2. Cela veut dire qu’un établissement de nuit de 300m2 peut accueillir au maximum 400 clients. Enfin, une visite de sécurité très stricte a lieu tous les 3 à 5 ans avec un représentant de la préfecture, de la mairie, un gendarme et un pompier. En revanche, dans les bars ou les restaurants d’ambiance musicale, les contraintes en termes de sécurité sont moins sévères, car le public est majoritairement assis.
Certains établissements en profitent néanmoins pour faire danser leurs clients. "On voit bien la dérive de s’improviser discothèque. Les moyens de secours ne sont pas les mêmes, car la réglementation n’est pas la même. Les sorties de secours ne sont pas dimensionnées de la même manière", rappelle Christian Jouny.
Le syndicat national des discothèques et lieux de loisirs appelle les pouvoirs publics à examiner cette situation. Il préconise des contrôles accrus dans tous les bars et restaurants d’ambiance musicale qui ont dérivé vers un fonctionnement de discothèque, sans jamais l’avoir déclaré.