Des vacances plus écolos ? "Pour l'été, rien ne change", selon le sociologue Jean Viard

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Selon le sociologue, invité mercredi d'Europe 1, si les Français sont conscients de l'urgence écologique, ils ne sont toutefois pas prêts à "changer radicalement" leur mode de vie, notamment en vacances.
INTERVIEW

À l'heure de la prise de conscience toujours plus massive de l'urgence climatique, les Français sont-ils prêts à modifier leurs habitudes lors de leurs vacances, et opter pour des séjours plus "éco-citoyens" ? Invité mercredi d'Europe 1, le sociologue Jean Viard estime qu'à l'heure actuelle, "rien ne change" pour les vacances d'été, qu'il décrit comme "un grand rituel collectif". 

"Les gens apprennent à vivre avec un climat qui change", note Jean Viard, qui évoque notamment les conséquences concrètes de la canicule sur le tourisme. "On décide de plus en plus tard quand on part en vacances. Comme on a tous la météo sur notre téléphone, on déplace nos destinations en fonction de la pluie".

"Ne croyons pas qu'on a vraiment modifié nos pratiques"

En revanche, le chercheur refuse d'évoquer un effet "éco-citoyen". Concernant les vacances d'été : "le plus net est que rien ne change", explique-t-il. Et cet été, "45% des Français vont partir à la mer en famille, pour 10 ou 15 jours, et pour l'essentiel en voiture parce que c'est le mode de transport le plus commode avec les enfants et les bagages". 

"Ne croyons pas qu'on a vraiment modifié nos pratiques", dit encore Jean Viard. Revenant sur le débat actuel sur une éventuelle réduction des déplacements en avion, plus polluants, le sociologue note que si "les débats sur l'aviation existent, peu de gens vont aller aux Etats-Unis en bateau".

"Il y a une prise de conscience" sur la question écologique

Pour Jean Viard, cette persistance des habitudes peut s'expliquer par le fait qu'"on a pas envie de changer radicalement nos modes de vie. Les grandes vacances sont un moment formidable de la vie (...) un grand rituel collectif". 

"Il y a une prise de conscience" sur la question écologique, insiste cependant le sociologue au micro d'Europe 1. "Les gens trient leurs déchets, le marché de l'automobile a changé, le nombre de diesel a reculé", illustre-t-il. "Quand on offre des solutions simples, la prise de conscience écologique est faite", dit encore Jean Viard. Les gens "ont intégré l'idée du risque climatique, et il faut partout faire des offres pour que les gens puissent agir".