Déconfinement : comment vont fonctionner les "brigades" de traçage du coronavirus ?

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Ces brigades seront chargées de "remonter la liste des cas contacts". Photo d'illustration. 1:26
Ces brigades seront chargées de "remonter la liste des cas contacts". Photo d'illustration. © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
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Mardi, lors de la présentation de son plan de déconfinement, le Premier ministre a annoncé la mise en place de "brigades" chargées d'identifier les personnes ayant été en contact avec des malades du coronavirus, et les inviter à se faire tester. 

C'est l'une des mesures présentées par Édouard Philippe dans son plan de déconfinement. Dans chaque département, des "brigades" seront créées et devront remonter "la liste des cas contacts, les appeler, les inviter à se faire tester en leur indiquant à quel endroit ils doivent se rendre, puis vérifier que ces tests ont bien eu lieu", avait précisé le Premier ministre. Un outil-clé pour les prochaines semaines, dont la composition n'est toutefois pas encore arrêtée, les services de Matignon étant encore en train d'y travailler en association avec les préfets, les conseillers départementaux et les maires.

"Tout cela se négocie et ne peut pas s'imposer"

Le premier maillon de cette brigade sera le médecin généraliste. S'il reçoit un patient qui présente des symptômes, ou s'il soupçonne un cas de Covid-19, il prescrira un test PCR et devra recenser, avec le patient, toutes les personnes qu'il a pu contaminer, puis rentrera ces informations dans un nouveau logiciel de l'Assurance maladie.

Ce professionnel devra être quelqu'un de confiance, plaide le Dr Pierre-Louis Druais, généraliste et membre du Conseil scientifique. "C'est quelque chose qui va être très important pour la gestion du résultat", explique-t-il au micro d'Europe 1. "Parce qu'un patient asymptomatique à qui on va dire, 'on va vous confiner 14 jours parce que vous êtes positif', ne va pas très bien comprendre et l'accepter". Pour le médecin, "tout cela se négocie, et ne peut pas s'imposer".  

Le rôle clé de l'Assurance maladie

Dans les 24 heures suivantes, l'Assurance maladie prendra alors le relais, et représentera un tiers de l'effectif des brigades, avec 8.000 agents mobilisés. Ce seront à la fois des médecins, des infirmiers, des administratifs. Ils vont être formés à identifier et appeler une par une les personnes potentiellement contaminées par le patient pour les informer qu'elles sont peut-être malades, et leur demander de se confiner, puis de faire un test quelques jours après l'exposition au virus. Le tout sera pris en charge à 100% par la Sécurité sociale.

Europe 1
Par Virginie Salmen, édité par Antoine Terrel