"Gilets jaunes" : le rendez-vous avec Édouard Philippe tourne au fiasco

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"J'ai demandé à plusieurs reprises à ce que cet entretien soit filmé et retransmis en direct à la télévision, cela a été refusé", a déclaré Jason Herbert. © AFP
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Avec seulement la présence de deux "gilets jaunes", la rencontre de vendredi avec le Premier ministre a tourné court car l'un d'entre eux est aussitôt ressorti, après le refus d'Édouard Philippe que l'entretien soit filmé. 

Le rendez-vous d'une délégation de "gilets jaunes" avec le Premier ministre Édouard Philippe a tourné au fiasco vendredi après-midi, avec la présence de seulement deux d'entre eux, dont l'un est ressorti presque aussitôt, à la veille du troisième week-end de mobilisation du mouvement.

"Je souhaitais et j'ai demandé à plusieurs reprises à ce que cet entretien soit filmé et retransmis en direct à la télévision, cela a été refusé", a déclaré à la presse Jason Herbert, l'un des huit représentants désignés mais contestés, pour justifier son départ de la réunion.

Des représentants qui auraient reçu des menaces. Le jeune homme était arrivé à Matignon vers 14h30, une demi-heure après l'horaire prévu, dans une cour restée longtemps vide du moindre "gilet jaune". Depuis l'annonce du rendez-vous jeudi matin, le cabinet d'Édouard Philippe n'a jamais été en mesure de dire qui et combien de personnes seraient reçues. "Aujourd'hui nous ne sommes que deux, nous avons tous reçu d'énormes pressions. Je parle de menaces d'agression, verbales ou physiques, notre vie est en jeu", a affirmé Jason Herbert, l'un des meneurs des "gilets jaunes" en Charente.

Porte dérobée et porte ouverte. Le second "gilet jaune" reçu par Édouard Philippe et le ministre de la Transition écologique François de Rugy est arrivé par une porte dérobée, sans passer devant la presse. Ni Matignon ni Jason Herbert n'ont voulu révéler son identité.

"La porte de Matignon restera toujours ouverte", a pour sa part affirmé Édouard Philippe. Le Premier ministre a jugé cette discussion, qui a duré plus d'une heure, "utile" et "intéressante". "Cet échange a eu lieu, avec moins de représentants que j'espérais, mais il a eu lieu et je pense que c'était important qu'il ait lieu", a-t-il ajouté 

Une rencontre "prématurée" ? Les pressions "ont été à 99% de la part d'autres 'gilets jaunes' (...) pas des personnes pacifiques, des personnes radicales", a indiqué Jason Herbert. Dans un communiqué des "gilets jaunes" diffusé en fin de matinée, la rencontre avec Édouard Philippe était qualifiée de "prématurée", au motif que François de Rugy avait évoqué un "entretien futur visant à réunir autour d'une table le Premier ministre et/ou le porte-parole du gouvernement avec les référents gilets jaunes des différents départements".