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Pourquoi Emmanuel Macron vote contre l'accord UE-Mercosur ?

Arthur de Laborde (du service politique) . 1 min
Face aux ambassadeurs français, Emmanuel Macron estime que la voix de la France compte encore à l'international
Emmanuel Macron a annoncé jeudi soir qu'il voterait contre le traité avec le Mercosur © Michel Euler / POOL / AFP

L'Union européenne se réunit ce vendredi à Bruxelles pour acter l’accord avec le Mercosur. Alors que les 27 devraient donner leur feu vert, la France a annoncé qu'elle allait voter contre. Une opposition surtout symbolique.

La gronde agricole se poursuit ce vendredi matin. À Paris, une opération escargot est en cours à hauteur de la porte de Montreuil dans l'est de la capitale. Les syndicats sont toujours vent debout, notamment contre l'accord entre l'Union européenne et le Mercosur. Les 27 devraient donner leur feu vert afin que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le signe lundi au Paraguay. 
 
Emmanuel Macron a annoncé jeudi soir qu'il voterait contre ce traité. Le chef de l'État assure néanmoins avoir arraché de nombreuses concessions à la Commission européenne au cours des derniers mois. Mais tout autre choix qu'un vote contre aurait été politiquement intenable. 
 
 

Une opposition symbolique, insuffisante pour stopper le processus

Faute de minorité de blocage, ce vote "contre" n'empêchera pas Ursula von der Leyen de signer l'accord dès lundi au Paraguay. Alors pourquoi ce choix ? Parce qu'une abstention aurait été politiquement explosive. Colère du monde agricole, pression au Parlement, menace de censure du gouvernement... Le Mercosur est devenu un symbole, celui d'une agriculture française exposée à une concurrence déloyale. 
 
Pour Emmanuel Macron, voter contre, c'est donc tenter de limiter la casse sur le plan intérieur et afficher jusqu'au bout l'opposition de la France au traité, quitte à assumer l'isolement à Bruxelles. La signature de l'accord ne constitue pas la fin de l'histoire. "Je continuerai de me battre pour protéger nos agriculteurs", promet le chef de l'État. La suite se jouera désormais au Parlement européen. Il devra se prononcer dans les semaines à venir pour ratifier le texte. D'ici là, la Commission pourrait décider d'une application provisoire et une saisine de la Cour de justice de l'Union européenne pour contester la procédure d'adoption reste possible.