Accord UE-Mercosur approuvé : le «non» d'Emmanuel Macron traduit une extrême faiblesse politique
L'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur a été approuvé par une majorité d'États membres ce vendredi, en dépit de l'opposition de la France et de quelques autres pays européens. L'Hexagone se retrouve en minorité, une situation quasiment inédite.
C’est un résultat sans grande surprise. Malgré la colère des agriculteurs, une majorité qualifiée d’États européens a approuvé l’accord de libre-échange avec le Mercosur. Plusieurs pays ont voté contre, à l’image de la France, de l’Irlande, de la Pologne, de la Hongrie ou encore de l’Autriche. Ces derniers n’étaient toutefois pas suffisamment nombreux pour bloquer l’accord.
En face, une large majorité d’États a soutenu le texte. C’est le cas de l’Allemagne, de l’Espagne, des Pays-Bas, des pays nordiques et surtout de l’Italie, dont le ralliement a fait basculer le rapport de force. De ce fait, l’accord a été adopté à la majorité qualifiée, ouvrant ainsi la voie à une signature rapide en Amérique du Sud.
La France mise en minorité, une situation quasiment inédite
Face aux mobilisations à travers toute la France, Emmanuel Macron a été contraint d’annoncer que la France voterait contre un accord présenté comme un choix subi. La position française est loin d’être une évidence, l’exécutif étant historiquement favorable au libre-échange. Toutefois, la pression des agriculteurs, de la rue et la menace politique ont fini par l’acculer.
Le président invoque un "rejet politique unanime". Mais ce "non" traduit surtout une extrême faiblesse politique. La France a ainsi voté contre un grand traité commercial européen à un stade final et s’est retrouvée mise en minorité, une situation quasiment inédite.