Affaire Benalla : revivez le vote des motions de censure à l'Assemblée

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Edouard Philippe répond mardi aux députés qui ont déposé deux motions de censure contre le gouvernement.
Edouard Philippe répond mardi aux députés qui ont déposé deux motions de censure contre le gouvernement. © Eric FEFERBERG / AFP
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Le Premier ministre Edouard Philippe a répondu aux discours de Christian Jacob et André Chassaigne, avant des votes sur les motions de censure de droite, puis de gauche. Avec respectivement 143 et 74 voix, elles n'ont pas été adoptées.
L'ESSENTIEL

Après-midi chargé pour les députés mardi. Depuis 15 heures, l'Assemblée nationale examine deux motions de censure, l'une de droite, l'autre de gauche, déposée la semaine dernière, à la suite de l'affaire Benalla. Si la première, celle de la droite, n'a pas été adoptée, et que la seconde n'a aucune chance de l'autre, les débats qui ont précédé le vote ont été animés. Suivez le live de la séance ici :

Les informations à retenir

  • Les députés ont examiné à partir de 15 heures deux motions de censure, l'une de droite, l'autre de gauche, déposées à la suite de l'affaire Benalla
  • Les deux premiers signataires de chacune d'entre elles, Christian Jacob (LR) et André Chassaigne (PCF) ont pris la parole avant le reste des chefs de groupe. Le Premier ministre Edouard Philippe leur a répondu ensuite
  • Avec 143 voix, la première motion de censure, issue de la droite, n'a pas été adoptée. La seconde, avec 74 voix, n'a pas été adoptée non plus. Le gouvernement reste donc en place

Suivez en direct l'examen des motions de censure :

19h42 : la deuxième motion également rejetée. Il y avait encore moins de suspense que pour la première motion, rejetée : la deuxième motion de censure, déposée par les trois groupes de gauche à l'Assemblée nationale, n'a pas été adoptée. Avec 74 voix, la majorité absolue de 289 suffrages n'est une nouvelle fois pas atteinte. La séance est close et le gouvernement reste en place.

18h35 : la première motion rejetée. C'était attendu, c'est confirmé : la motion de censure déposée par LR n'a pas été adoptée. Avec 143 voix, elle n'atteint pas la majorité absolue nécessaire (289 suffrages). Les explications de vote sur la deuxième motion de censure s'enchaînent. Sébastien Jumel (GDR) la défend avec force tandis qu'Isabelle Florennes, pour le MoDem, la rejette, ainsi que Bruno Questel pour LREM.

Appelé à la tribune pour le groupe Nouvelle Gauche, Olivier Faure défend une motion de censure qu'il a cosignée, tout en précisant que "le but n'est pas de faire tomber le gouvernement". Mathilde Panot de la France insoumise, elle, dénonce une "atmosphère irrespirable" dans une Assemblée "monolithique" où tout débat est devenu impossible. Et charge la majorité pour son "obstruction à la vérité" dans l'affaire Benalla.

17h26 : on passe aux explications de vote. L'heure est désormais aux explications de vote. D'abord sur la motion de censure issue de la droite. Guillaume Larrivé, le co-rapporteur de la commission d'enquête qui a suspendu sa participation la semaine dernière, et député LR, la soutient bien évidemment. C'est aussi le cas, et c'est moins attendu, du groupe communiste. Du côté du MoDem, en revanche, on dénonce une alliance contre-nature des oppositions.

Tout en reconnaissant que la motion de censure des LR est "légitime", car l'affaire Benalla est "grave", le groupe Nouvelle Gauche ne veut pas la voter. Car son objectif n'est pas de renverser le gouvernement pour le remplacer. En revanche, la France Insoumise est bien décidée à apporter sa voix aux LR. Sans surprise, les députés LREM dénoncent un dévoiement de l'utilisation de la motion de censure.

17h07 : Richard Ferrand clôt le bal. Le président du groupe LREM, Richard Ferrand, est le dernier à s'exprimer. Il regrette que les "beaux enjeux" ne soient pas à l'ordre du jour. "Ces deux motions de censure qui nous préoccupent ont quelque chose de rance, de marécageux, aux antipodes du débat d'idées. Elles sont le symbole de manœuvres politiciennes qui ne trompent plus grand monde."

Richard Ferrand dénonce le blocage des débats sur la réforme constitutionnelle. "Vous tentez de mettre à jour un complot qui n'existe pas", s'agace-t-il, pointant l'"aigreur de la défaite" et le "désir de revanche" de l'opposition. "Aujourd'hui, c'est la braderie des motions de censure. Deux pour le prix d'une. Elles finiront dans les archives de l'Assemblée nationale, parmi les moins glorieuses de l'Histoire."

17h02 : Sébastien Chenu (RN) parle pour les non-inscrits. Disposant de moins de temps que ses collègues, Sébastien Chenu (RN) monte à la tribune. "L'affaire Benalla-Macron est le petit grain de sable qui met au jour une mécanique", fustige-t-il. "Notre démocratie est profondément malmenée, nous constatons une dérive autoritaire dans notre pays. Une sorte d'autoritarisme soft mal dissimulé derrière une bienveillance de façade." Selon Sébastien Chenu, l'affaire Benalla montre la constitution d'une "garde prétorienne" auprès du président de la République.

16h48 : Mélenchon fustige les "Pieds Nickelés de l'Élysée". Jean-Luc Mélenchon prend la parole pour le groupe de la France Insoumise et pointe du doigt les "Pieds Nickelés de l'Élysée", Alexandre Benalla et Vincent Crase. Il dénonce l'absence de réponse du gouvernement jusqu'ici, la communication de l'Élysée, et la "chaîne ininterrompue de turpitudes au sommet de l'État". Jean-Luc Mélenchon poursuit en appelant à une VIe République et la mise en oeuvre d'une constituante.

16h32 : Valérie Rabault prend la parole. La présidente du groupe Nouvelle Gauche (PS), Valérie Rabault, monte à son tour à la tribune. Elle estime qu'avec une vraie sanction effective dès le 1er mai, "il n'y aurait pas eu d'affaire Benalla". "Mais il semble avoir été couvert", regrette-t-elle, avant de fustiger plus largement la "conception du pouvoir" du gouvernement et de la majorité. La députée fustige la gestion des auditions en commission d'enquête et le refus, par les élus LREM, d'élargir la liste des personnes entendues. "Le Sénat sauve heureusement l'honneur du Parlement", selon elle.

16h17 : Franck Riester s'exprime pour le groupe UDI, Agir et indépendants. "Les faits révélés par l'affaire Benalla sont graves", commence Franck Riester, appelé à son tour à la tribune. "Nos compatriotes ont le droit de connaître la vérité." Le député dénonce l'immixtion de "procès politique" dans les procédures d'enquête parlementaire. Il regrette le "lamentable spectacle" donné à l'Assemblée, notamment le blocage des débats sur la réforme constitutionnelle, puis le "temps stupéfiant de la commission d'enquête". Franck Riester en profite pour tacler violemment ces élus qui se sont mués "en procureur politique" avant de "tuer la commission d'enquête". "C'est à croire que la recherche de la vérité intéresse moins certains que la récupération politique."

Néanmoins, le député nuance son propos en appelant le gouvernement à nuancer son projet de réforme constitutionnelle et mieux prendre en compte les corps intermédiaires en général.

16h01 : Marc Fesneau renvoie l'opposition à ses "incompréhensibles alliances". C'est maintenant aux chefs de groupe de s'exprimer, en commençant par Marc Fesneau pour le MoDem. Celui-ci dénonce les "improbables et si incompréhensibles alliances" de la droite et la gauche d'opposition, qui ont selon lui "abandonné leur sens de l'histoire et de leurs propres responsabilités". "Qu'avez-vous en commun ? Rien. Partagez-vous la même vision institutionnelle du pays ? Même pas. Il n'y a qu'un motif à vos attitudes : vous n'avez toujours pas accepté le sort des urnes de 2017."

15h55 : Edouard Philippe défend la politique gouvernementale. Dans sa réponse, le chef de gouvernement s'éloigne quelque peu du sujet pour défendre l'intégralité des réformes entreprises depuis un an. Puis, il esquisse les chantiers à venir, de la retraite au plan pauvreté. "Hors sujet !", hurle l'opposition.

15h36 : Edouard Philippe à la tribune. Le Premier ministre est appelé à répondre à l'opposition. Il a droit à une standing ovation des députés LREM et des huées de l'opposition. Sa ligne de défense est claire : il appuie sur le fait que la "soi-disant grande affaire dite Benalla" ne relève que de mauvais comportements individuels. "C'est l'affaire de dysfonctionnements dans la préparation et le déroulement de cette mission d'observation [celle de Benalla]", explique-t-il. "C'est inacceptable, je l'ai dit devant votre Assemblée et devant le Sénat. Mais ce qui devait être fait l'a été."

Le chef du gouvernement reprend aussi un élément de langage largement développé par la majorité ces derniers jours : "la République exemplaire n'est pas la République infaillible." Il critique également la constitution de commissions d'enquête parlementaire alors qu'une instruction est en cours. "C'est une confusion institutionnelle", estime-t-il. Enfin, Edouard Philippe dénonce une "instrumentalisation politique" et "une volonté d'atteindre" Emmanuel Macron. Selon lui, cette crise politique permet à l'opposition de "ralentir le rythme de transformation du pays". "Vos motions de censure ne sont rien d'autre que des motions de blocage."

 

15h21 : Au tour d'André Chassaigne. Le chef du groupe GDR monte à son tour à la tribune et n'a pas de mots plus tendres que son collègue LR. Il dénonce un "scandale d'État" qui "ternit l'image de la France à l'international". "Ce scandale révèle les dérives que produit un régime hyper présidentialiste", s'agace-t-il, avant de fustiger la commission d'enquête de l'Assemblée nationale qui "s'achève dans l'indignité après seulement six auditions". 

Pour André Chassaigne, les députés LREM sont des "digéreurs, intestins silencieux de la bouche élyséenne". Le député communiste élargit quelque peu son propos en critiquant l'intégralité de la politique "néo-libérale" d'Emmanuel Macron, entre "cadeaux aux premiers de cordées" et hausse de CSG pour les retraités.

15h : Christian Jacob dénonce des "zones d'ombres". Premier à prendre la parole pour 15 minutes, le chef du groupe LR à l'Assemblée attaque fort, estimant que l'affaire Benalla "laissera des traces profondes, morales et politiques sur le chef de l'État". Fustigeant le "barbouze" de l'Élysée, Christian Jacob dénonce les "zones d'ombres" et les "mensonges" de la majorité. "Les Français restent sidérés par cette affaire."

Selon l'élu LR, une "police parallèle" est en train d'"éclore" à l'Élysée, avec la bénédiction d'Emmanuel Macron. Copieusement hué par les députés LREM, il est en revanche applaudi par Les Insoumis. Puis décide de sortir l'artillerie lourde, s'en prenant à la majorité de "godillots", à Edouard Philippe et "ses grands airs", ainsi qu'au chef de l'État.

Quelle issue pour le vote ?

Pour qu'une motion de censure soit adoptée, il faut recueillir la majorité absolue des députés, soit 289 voix. Autant dire qu'il n'y a aucune chance pour que ce soit le cas, puisque les Républicains sont 103 et la gauche réunie 63. Même en votant les uns pour les autres, et même en ajoutant les voix des élus Rassemblement national (ex-FN), qui ont promis de les soutenir, le compte n'y est pas.

D'autant que rien ne dit que chaque bord votera pour l'autre mention. Si la France Insoumise a confirmé qu'elle soutiendrait bien le texte LR, il n'en est pas question pour les socialistes du groupe Nouvelle Gauche. La position officielle des élus LR a été confirmée mardi en début d'après-midi : pas question pour eux de voter la motion de gauche. "Comme le PS ne vote pas la nôtre, on va rester chacun chez soi", a dit Christian Jacob.