Covid-19 : 31 décembre 2019, le jour où tout a basculé à Wuhan

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Le marché aux poissons de Wuhan est rapidement identifié comme un foyer de l'épidémie. 1:43
Le marché aux poissons de Wuhan est rapidement identifié comme un foyer de l'épidémie. © AFP
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Le 31 décembre 2019, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) étaie prévenue d'une "pneumonie d'origine inconnue" qui allait se révéler être le Covid-19. À l'époque, personne n'envisage que les quelques cas recensés puissent donner lieu à la pandémie mondiale que l'on connait, un an jour pour jour après l'alerte. 

C'était il y a un an, jour pour jour. Le 31 décembre 2019, l’Organisation mondiale de la Santé est prévenue par son bureau chinois de l’émergence d’une maladie mystérieuse. Dans son communiqué du 5 janvier 2020 elle explique que l'organisation "a été informée de cas de pneumonie de cause inconnue détectés dans la ville de Wuhan". À l'époque, quelques dizaines de cas sont recensés avec des symptômes désormais bien connus : de la fièvre ou une gène pour respirer. L'inquiétude ne nait que progressivement.

"C'est un truc qui va durer quinze jours ou trois semaines"

À l'époque, un foyer de contamination possible est identifié : le marché de Wuhan. Celui-ci est fermé dès le 1er janvier 2020 mais aucun élément n'atteste d'une transmission interhumaine et le mot coronavirus est à peine glissé dans le communiqué. Philippe, un Français qui habitait à Wuhan, se souvient d'une période d'insouciance. "C'était très localisé donc nous n'étions pas plus inquiets que cela. C'était un peu comme une grippe en quelque sorte. On continuait à vivre normalement."

L'OMS ne préconise par ailleurs "aucune mesure sanitaire spécifique pour les voyageurs", tout en précisant avoir peu d'informations pour évaluer le risque global. "La réflexion que j'ai eu était un petit peu celle de beaucoup de monde : c'est un truc qui va durer quinze jours ou trois semaines et on en parlera plus. Je ne pensais pas que cela pourrait prendre une telle ampleur", raconte encore Philippe. 

La peur du SRAS et ses 650 morts

Un Chinois de 61 ans meurt à Wuhan le 11 janvier : il s'agit de la première victime confirmée du Covid-19. Les médias français commencent alors à s'intéresser au sujet. Le 20 janvier, quelques jours avant le confinement de Wuhan, Europe 1 diffuse son premier reportage sur ce virus. À l'époque on recense "au moins 200 cas officiellement déclarés en Chine et dans les pays alentours selon les derniers chiffres".

Comme l'explique alors le correspondant à Pékin d'Europe 1, "la Chine a encore en mémoire la terrible épidémie de SRAS, il y a tout juste 17 ans. Un virus de la même famille que celui qui frappe aujourd'hui et qui avait tué à l'époque 650 personnes dans le pays." Une inquiétude qui peut sembler dérisoire face au bilan actuel de l'épidémie qui a fait plus de 1,7 million de morts à travers le monde, mais que l'institut Pasteur appelait déjà à surveiller. En Chine l'épidémie est restée largement cantonnée à Wuhan, qui a réévalué son nombre de contaminations, mais elle s'est largement répandue dans le reste du monde.

Europe 1
Par Joanna Chabas édité par Guilhem Dedoyard