Situation internationale : «J’ai peur que ça dégénère dans la guerre», craint Pierre Lellouche
Invité de la Grande Interview Europe 1-CNEWS, ce jeudi 8 janvier, Pierre Lellouche a livré une analyse alarmante de la situation internationale. L’ancien ministre redoute un basculement incontrôlé vers la guerre qui serait la suite d'une décision dangereuse prise par un dirigeant international.
Analyste des relations internationales, Pierre Lellouche, invité de la Grande Interview Europe 1-CNEWS, ce jeudi 8 janvier, a tiré la sonnette d’alarme. Après un demi-siècle consacré aux affaires stratégiques, il a confié pour la première fois une inquiétude profonde : celle de voir les crises actuelles dégénérer en conflit ouvert. "La guerre est en train de métastaser un peu partout", a-t-il expliqué, décrivant un enchevêtrement explosif d’intérêts économiques et de rivalités géopolitiques.
Au cœur de l’une de ces tensions figure le pétrole vénézuélien. Longtemps écoulé via des "bateaux fantômes" russes pour contourner les sanctions, il alimentait un véritable "syndicat des sanctionnés" associant Russes, Iraniens et Vénézuéliens, avec la Chine comme principal acheteur à bas prix.
Selon Pierre Lellouche, Donald Trump a décidé de rompre cet équilibre en bloquant ces flux : officiellement au nom de la lutte contre le narcotrafic et les dictatures, mais avant tout pour empêcher Pékin de sécuriser ces ressources énergétiques. "J’ai peur que ça dégénère dans la guerre", a déploré Pierre Lellouche.
Position dominante de la Chine en Amérique du Sud
L’ancien ministre souligne un basculement stratégique majeur : depuis le 11 septembre, la Chine aurait pris une position dominante en Amérique du Sud, reléguant les États-Unis au second plan dans une zone longtemps considérée comme leur arrière-cour. Le récent arraisonnement d’un navire lié à la Russie dans l’Atlantique Nord illustre, selon lui, ces frictions extrêmes, tout comme les sabotages de câbles en mer du Nord ou les manœuvres russes et chinoises.
À cela s’ajoutent des signaux qu’il juge particulièrement anxiogènes : déclarations du secrétaire général de l’OTAN, mises en garde de chefs d’état-major européens, répétition générale d’un blocus de Taïwan par la Chine. Une chute de Taïwan, avertit-il, paralyserait l’industrie mondiale des semi-conducteurs.