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Iran : «Certaines familles de dignitaires demandent des visas pour la France», confirme Emmanuel Razavi

Europe1 .fr - Mis à jour le . 1 min
«Les Iraniens n'ont quasiment plus à manger, ni d'eau potable», alerte Emmanuel Razavi
«Les Iraniens n'ont quasiment plus à manger, ni d'eau potable», alerte Emmanuel Razavi Khoshiran / Middle East Images / Middle East Images via AFP / © Khoshiran / Middle East Images / Middle East Images via AFP

Invité d’Europe 1 Matin, ce vendredi 9 janvier, le journaliste et spécialiste de l’Iran Emmanuel Razavi a dressé un constat glaçant de la situation au sein de la République islamique. Selon lui, l’Iran est en train de vivre un moment historique.

Ce vendredi 9 janvier, sur Europe 1 Matin, Emmanuel Razavi a livré une analyse alarmante de la situation en Iran, alors qu’une vague de manifestations sans précédent secoue le pays. Auteur de "La pieuvre de Téhéran", enquête sur les réseaux d’influence iraniens, le journaliste a affirmé que la contestation actuelle est "inédite depuis 47 ans". Pour lui, les Iraniens "n’ont plus rien à perdre".

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Selon Emmanuel Razavi, la famine a déjà, malheureusement, frappé certaines provinces comme le Baloutchistan, tandis que près des deux tiers du territoire ne disposent quasiment plus d’eau potable. L’électricité a même été rationnée, selon lui et les administrations, banques et commerces sont fermés tandis que l’économie serait à l’arrêt. "Les Iraniens n'ont quasiment plus à manger, ni d'eau potable", alerte Emmanuel Razavi. Le PIB iranien aurait chuté de 14% entre 2024 et 2025, une récession deux fois plus forte que celle du Covid, tandis que le revenu par habitant est passé de 9.000 dollars en 2011 à environ 3.000, en 2025.

Cette explosion sociale coïncide avec l’appel lancé par Reza Pahlavi, fils de l’ancien chah renversé en 1979. Selon Emmanuel Razavi, son pari a été réussi : dans de nombreuses villes, des jeunes scandent son nom, crient "Vive le roi" et ont réclamé son retour, tout en dénonçant la dictature du guide suprême Ali Khamenei.

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Les Gardiens de la Révolution jouent leur survie

Face à cette révolte, le régime a déployé les Gardiens de la Révolution, bras armé et idéologique du pouvoir. Ces derniers contrôlent près de 70% de l’économie iranienne et jouent, selon Emmanuel Razavi, leur propre survie.

Autre signe de l’effondrement du système : les défections se multiplient. Des milliers de militaires auraient quitté leurs postes et plusieurs familles de hauts dignitaires, dont celles liées à l’ancien président Hassan Rouhani, chercheraient à obtenir des visas pour l’Europe. "Certaines familles de dignitaires demandent des visas pour la France", a même confirmé Emmanuel Razavi. En parallèle, des discussions se tiendraient au sultanat d’Oman entre émissaires iraniens et américains, tandis que l’opposition réfléchit à un gouvernement de transition.