Covid : avec 3.500 cas, un niveau d'occupation en réanimation similaire à celui de décembre

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Le taux d'occupation dans les services de réanimation est désormais similaire à ce qu'il était début décembre, au sortir de la seconde vague.
Le taux d'occupation dans les services de réanimation est désormais similaire à ce qu'il était début décembre, au sortir de la seconde vague. © Philippe LOPEZ / AFP
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Avec près de 3.500 patients soignés pour une infection liée au Covid-19, le niveau d'occupation des services de réanimation a retrouve ce week-end celui de début décembre. Dimanche, les berges de Garonne ont été fermées dans le centre-ville de Toulouse et vingt départements sont toujours placés en "surveillance renforcée".
L'ESSENTIEL

Le gouvernement veut prendre son temps pour décider de nouvelles restrictions sanitaires dans 20 départements couvrant Paris, Lyon et Marseille, où les cas de coronavirus menacent de flamber, alors que Nice et Dunkerque vivent leurs premiers week-ends de l'année 2021 confinés. Par ailleurs, avec près de 3.500 cas, le taux d'occupation des services de réanimation a retrouvé un niveau similaire à celui de début décembre, au sortir de la seconde vague. Pendant ce temps, la préfecture de Toulouse a décidé de fermer les berges de la ville au public.

Les principales infos à retenir :

  • Nice et Dunkerque vivent leur premier week-end de confinement local
  • Les berges de Garonne sont fermées dans le centre-ville de Toulouse
  • Vingt départements sont toujours placés sous "surveillance accrue"

Le maire de Marseille demande à Macron de "tordre le bras" aux labos

Le maire socialiste de Marseille Benoît Payan demande à Emmanuel Macron de "mettre le paquet" pour chercher des vaccins anti-Covid et de "tordre le bras" des laboratoires qui feraient de la rétention, dans un entretien paru dimanche dans le JDD. "Il doit tordre le bras des laboratoires. Face à la pandémie mondiale, la protection des brevets et de leurs bénéfices ne m'intéresse pas. Si les laboratoires font de la rétention de vaccins, le président de la République doit aller au combat", martèle l'édile.

Le patron de l'Organisation mondial de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a réclamé vendredi des mesures concrètes pour augmenter drastiquement la production dans le monde de vaccins contre le Covid-19, au-delà de l'appel du Conseil de sécurité à un accès équitable. Il a notamment proposé "un renoncement" par les labos "à la propriété intellectuelle sur les brevets", une idée combattue par l'industrie pharmaceutique appuyée par l'Union européenne, les Etats-Unis et d'autres pays riches.

Le pass sanitaire ne fait pas l'unanimité 

A l'issue de la première journée d'une visioconférence entre les 27 dirigeants de l'Union européenne sur l'épidémie de Covid-19Emmanuel Macron a évoqué la possible instauration d'un "pass sanitaire" en France. Considérant qu'il y avait "beaucoup de confusion sur ce sujet", il a précisé que le pass sanitaire "ne sera pas uniquement lié à la vaccination", comme la réouverture de certains lieux publics dont l'accès ne pourrait pas être conditionné à une vaccination, puisque celle-ci n'était pas encore ouverte à l'ensemble de la population. Le pass sanitaire pourrait recenser les tests négatifs effectués par son titulaire, a indiqué dimanche le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Clément Beaune dans l'émission "Questions politiques" sur France Inter.

Une hypothèse de travail qui a fait bondir Nicolas Dupont-Aignan dimanche sur Europe 1, qui a assuré qu'il le "combattrai de toutes ses forces", car il s'agit selon lui d'"enregistrer tous les Français"... Dans un autre registre, Jean-Christophe Lagarde, de l'UDI, a quant à lui considéré sur franceinfo samedi que ce pass était "un peu n'importe quoi" et était juste "une nouvelle application anti-Covid un peu améliorée".

L'Allemagne impose de fortes restrictions à la frontière avec la Moselle

Par ailleurs, l'Allemagne a décidé de restreindre les passages à sa frontière en provenance de France après avoir classé le département de Moselle en zone Covid à haut risque, mais renonce à la quasi-fermeture imposée à la République tchèque et l'Autriche. "Le département français de Moselle sera considéré à partir du 2 mars à 00h00 comme zone affectée par les variants" du virus du Covid-19, soit la catégorie la plus élevée dans l'échelle de risque en Allemagne pour le coronavirus, qui en compte trois, a indiqué dimanche le ministère de la Santé. À partir de mardi, les Français voulant traverser la frontière devront obligatoirement présenter un test-négatif de moins de 48 heures, ce qui inquiète les travailleurs frontaliers. 

À l'inverse, les test sérologique ou PCR ne seront plus nécessaires à partir de lundi pour les déplacements transfrontaliers entre l'Andorre et la France pour des séjours de moins de 24 heures, a annoncé dimanche l'ambassade de France de la principauté.

 

Fermeture des berges de Garonne à Toulouse

La préfecture de la Haute-Garonne a décidé de fermer à partir de dimanche certains lieux en bord de Garonne très prisés des toulousains après avoir constaté des manquements aux mesures "de distanciation physique et de port du masque". "De nombreux rassemblements statiques sans respect de la distanciation physique, ni port du masque, ont été constatés ces derniers jours dans certains secteurs de Toulouse", indique la préfecture qui avait mis en place depuis le 27 février des contrôles renforcés des mesures sanitaires dans le centre-ville.

Début du confinement local à Nice et Dunkerque

Comme annoncé par le gouvernement cette semaine, le confinement sur la bande littorale des Alpes-Maritimes et dans le zone de Dunkerque a débuté depuis 18 heures vendredi. Il doit se poursuivre jusqu'à lundi 6 heures et reprendre la semaine prochaine selon les mêmes modalités. Ces restrictions visent à limiter la flambée du coronavirus dans ces territoires. 

En  l'espèce, les habitants de 63 communes des Alpes-Maritimes et les 250.000 habitants de l'agglomération de Dunkerque sont confinés. Ils peuvent, munis d’une attestation de sortie, se déplacer dans les commerces de premières nécessités, faire une heure de sport ou promener leurs animaux de compagnie. En dehors de cela il doivent justifier d’un motif impérieux. Le maire de Nice a décidé de mesures supplémentaires : la fermeture des plages et d’une partie de la promenade des anglais. Les forces de l’ordre ont dès hier soir multiplié les contrôles.

Invité du Grand Rendez-Vous Europe 1-Cnews-Les Echos dimanche, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, a jugé qu'il s'agissait là de "la situation la plus absurde, la plus ubuesque" qu'ait connu la France.

La surveillance renforcée dans 20 départements

Jean Castex a demandé samedi aux préfets de 20 départements de renforcer les contrôles des mesures en vigueur dont les couvre-feux. Ces 20 départements ont un niveau d’incidence élevé - autour de 250 cas pour 100.000 habitants -, une part de variant supérieur à 50%, une pression hospitalière proche du seuil critique et une circulation virale de plus en plus importante : l’Ile-de-France, une grande partie des Hauts-de-France et de Provence-Alpes-Côte-D’azur, mais aussi les départements du Rhône et de la Drôme, de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle, et enfin l’Eure-et-Loir.

Dimanche, dans les colonnes du Journal du Dimanche, le directeur général de la santé Jérôme Salomon a affirmé que le couvre-feu "fonctionne très bien" sans exclure pour autant "des mesures plus strictes" au niveau national en cas d'aggravation de l'épidémie. Il a notamment souligné son efficacité pour limiter les rassemblements privés. "On peut encore éviter le confinement si tout le monde se mobilise", a-t-il ajouté.

Les cas de Covid-19 au XV de France agacent Roxana Maracineanu

La ministre des Sports a demandé vendredi à la Fédération française de Rugby de s’expliquer face à la multiplication ces derniers jours des cas de Covid-19 au sein du XV de France. "J’ai demandé une enquête interne à la Fédération pour qu'on puisse avoir des explications écrites de leur part", a expliqué Roxana Maracineanu, invitée dimanche d’Europe Matin.

Les chiffres de l'épidémie restent élevés

Près de 3.500 personnes atteintes de Covid-19 étaient soignées dimanche dans les services de réanimation en France, un indicateur en lente progression, selon les données publiées dimanche par Santé publique France. Avec 3.492 malades, dont 164 accueillis ces dernières 24 heures, le niveau d'occupation des services de réanimation, où sont soignés les cas les plus graves, retrouve celui de début décembre, à la sortie de la deuxième vague épidémique du coronavirus. 122 décès ont été enregistrés à l'hôpital entre samedi et dimanche, en baisse par rapport à dimanche dernier (160). Plus de 86.000 personnes malades du Covid-19 sont décédées depuis le début de l'épidémie, il y a environ un an.

Alors qu'ils avaient diminué au début du mois de février, les cas de contaminations détectés sont ensuite repartis à la hausse, atteignant près de 140.000 la semaine du 15 février, contre un peu moins de 130.000 la semaine précédente, selon les données de Santé publique France. La tendance s'est confirmée ces derniers jours, avec plus de 30.000 cas enregistrés lundi. Face à la progression des variants plus contagieux du coronavirus, le gouvernement a instauré des confinements localisés le week-end sur tout le littoral des Alpes-Maritimes et pour la communauté urbaine de Dunkerque. Il a également placé 20 départements, qui couvrent notamment Paris, Lyon et Marseille, sous surveillance accrue, avec la possibilité d'y prendre les mêmes mesures.

Le Nigeria s'apprêté à recevoir près de 4 millions de doses de vaccin

Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique avec 200 millions d'habitants, recevra mardi près de quatre millions de doses de vaccin contre le Covid-19, financées par le dispositif Covax destiné en particulier aux pays défavorisés, ont annoncé dimanche les autorités. "Cette livraison fait du Nigeria le troisième pays d'Afrique de l'Ouest à bénificier du dispositif Covax après le Ghana et la Côte d'Ivoire", peut-on lire dans un communiqué de la NPHCDA, l'agence nationale en charge de la campagne de vaccination. Au total, le Nigeria doit recevoir 16 millions de doses à travers le dispositif Covax, au cours des prochains mois.

En outre, un variant du coronavirus a été découvert ces derniers mois dans le pays, mais des recherches sont toujours en cours pour déterminer si il est plus contagieux et mortel.

De manière générale, La vaccination contre le Covid-19 commence timidement en Afrique. Le continent est touché par une deuxième vague de contaminations plus agressive que la première, mais les différents pays font face à des obstacles très variés : le scepticisme de la population, la popularité de la médecine traditionnelle ou encore la difficulté de conservation de certains vaccins. Retrouvez ici notre décryptage sur la mise en place des campagnes de vaccination en Afrique.

Plus de 2,5 millions de morts dans le monde

La pandémie a fait plus de 2,5 millions de morts dans le monde depuis décembre 2019, selon un bilan établi par l'AFP samedi en milieu de journée. Plus de 113,3 millions de cas d'infection ont été diagnostiqués. Les Etats-Unis sont le pays le plus touché avec 511.983 décès, devant le Brésil (254.221), le Mexique (184.474), l'Inde (156.938) et le Royaume-Uni (122.415).