Pour les patrons, les écologistes vont se heurter au principe de réalité

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Grégory Doucet 1:24
L'écologiste Grégory Doucet a remporté l'élection municipale de Lyon dimanche. © AFP
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Une fois le choc de la "vague verte" passé, comment vont réagir les milieux économiques ? De quelle manière vont-ils fonctionner avec les équipes municipales écolo qui ont pris le pouvoir dans plusieurs métropoles ? Entre incrédulité, méfiance et espoir, Europe 1 a pris le pouls.

"L’écologie n’est pas l’ennemie de l’économie, elle est sa meilleure alliée." La petite phrase lancée, à peine élu, par Grégory Doucet, n’est pas passée inaperçue. Un signe, sans doute, de la volonté du nouveau maire écologiste de Lyon de rassurer les chefs d’entreprises, sonnés par la défaite de Gérard Collomb. Maire de Lyon de 2001 à 2017, et depuis 2018, il symbolisait pour eux l’envol économique de la métropole depuis vingt ans. Partout dans l'Hexagone, les milieux économiques accueillent la "vague verte" avec circonspection.

"Leur programme, on ne le connait qu’en surface"

A la tête de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) du Rhône, François Turcas, veut lever sans tarder les malentendus. "Il faut déjà apprendre à se connaitre. Leur mentalité, leur fond de pensée, leur programme, on ne les connait qu’en surface. En tout cas, nous, on sera présents pour défendre les intérêts des PMI-PME. Quand on a connu 'les gilets jaunes', les grèves puis le coronavirus, je peux vous garantir qu’on n’a pas baissé les bras. Ce n’est pas maintenant qu’on le fera…", affirme-t-il au micro d'Europe 1.

"L’économie, c’est quelque chose qui ne s’invente pas"

Il y a bien eu le laboratoire de Grenoble, où l’écologiste Eric Piolle avait été élu dès 2014, et a rempilé dimanche pour un second mandat. Mais qu’en sera-t-il à Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Besançon ou Tours ? A Poitiers, le président de la Chambre de commerce, Claude Lafond, se veut serein. La nouvelle maire écologiste, Léonore Moncond’huy, affiche de solides convictions, dit-il, mais le principe de réalité finira par la rattraper. "L’économie, c’est quelque chose qui ne s’invente pas. Il y a des règles à respecter. Je crois que c’est une jeune femme réfléchie… et qu’elle ne fera pas n’importe quoi", veut-il croire. 

Et après-tout, disent les moins réticents, en terme d’image, et donc de rayonnement, le label écolo pour une ville n’est pas nécessairement une mauvaise chose… 

Europe 1
Par Olivier Samain, édité par Laetitia Drevet