Comment font les opérateurs pour acheminer les centaines de millions de SMS pour le Nouvel An ?

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Le centre de supervision d'Orange surveille l'intégralité du réseau mobile, TV et Internet. 1:22
Le centre de supervision d'Orange surveille l'intégralité du réseau mobile, TV et Internet. © Clément Lesaffre / Europe 1
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C'est une tradition : chaque 31 décembre, à minuit, on se souhaite une bonne année par SMS. Même si la tendance est à la baisse, Whatsapp et Facebook remplaçant progressivement les textos, les Français en envoient des centaines de millions chaque année. Un flux de messages colossal que les opérateurs doivent gérer au mieux.
REPORTAGE

"Bonne année !!!!", "Meilleurs vœux", "Plein de bonnes choses"… Entre mardi 31 décembre et mercredi 1er janvier, ce sont des centaines de millions de SMS qui vont être envoyés en France pour fêter la nouvelle année. Mais la tradition est chahutée : de plus en plus de gens utilisent les réseaux sociaux pour leurs vœux. Pour les opérateurs, il faut s’adapter car le Nouvel An reste le jour le plus important de l’année, avec un trafic 30 fois plus important qu’un jour normal. Europe 1 s’est faufilé dans le centre de supervision d’Orange.

Assurer les SMS et le réseau Internet

C'est à Paris, dans un immeuble de bureau tout ce qu'il y a de plus classique, que se niche le centre de supervision national du réseau Orange. Une pièce qui n'est pas sans faire penser au centre de contrôle de la NASA avec ses innombrables écrans. Au total, une vingtaine de personnes surveillent plus de 100 écrans. Quentin Galdenao, le responsable, pilote les opérations. "C'est comme une tour de contrôle. On ne résout aucun accident réseau ici, on les détecte uniquement puis on assure le suivi du traitement ", explique-t-il.

Réseau mobile, lignes fixes, flux des données Internet, signal TV sur les box : tout est contrôlé en direct, et plutôt deux fois qu’une le 31 décembre. "Le Nouvel An nécessite un dispositif exceptionnel. Il y a une supervision accrue sur les SMS, la data (les données Internet, ndlr) et la voix car les volumes d'échange sont énormes", note Quentin Galdenao. Même s'il devrait encore s'échanger plusieurs centaines de millions de SMS et MMS après minuit, depuis quelques années, la donne a changé. Le nombre de SMS envoyés pour la nouvelle année a chuté de 10% en quatre ans chez Orange, et tous les opérateurs sont logés à la même enseigne.

Le centre de supervision d'Orange compte une centaine d'écrans sous surveillance constante.

Mais cela ne veut pas dire que les vœux sont démodés. Simplement, on passe à présent par Internet et les réseaux sociaux : Facebook, Whatsapp, Snapchat, etc. "Pour nous, ça ne change pas grand-chose. Au lieu d'avoir une alarme sur le volume de SMS, on aura peut-être plutôt maintenant une alarme sur le volume de data. Ce qui change, c'est quel service de dépannage on mobilise derrière. Mais la vigilance est identique", explique le responsable de la supervision.

Fluidifier les appels aux urgences

Pour éviter la crise à minuit, le centre se prépare en amont. Quentin Galdenao révise ainsi les procédures d’alerte avec ses équipes. "En fonction de la situation, on fait des points toutes les 15, 30 ou 60 minutes avec nos exploitants. En cas de surcharge, voire de panne du réseau, on doit être capable de déclencher une intervention avec des techniciens sur site le plus rapidement possible", affirme-t-il. En cas de problèmes individuels, les opérateurs ont à leur disposition toutes les box Orange et plusieurs téléphones afin de pouvoir reproduire à l'identique la configuration du client.

Mais il n'y a pas que les SMS de bonne année qui doivent être fluidifiés. Les urgences sont également prioritaires. "Là, j'ai tout ce qui concerne les services d'urgence : pompiers, SAMU, police, gendarmerie… Orange supervise 98% de ces services. Il y a une vigilance extrême car ils doivent être joignables 24h/24h", souligne Quentin Galdenao. Et c'est encore plus vrai la nuit du réveillon entre les accidents dus aux pétards, les accidents de voiture ou encore les fêtards un peu trop alcoolisés.