Les ventes de livres au plus bas en France en 2018

  • A
  • A
Tous les circuits de distribution sont affectés par cette baisse des ventes. © LOIC VENANCE / AFP
Partagez sur :

Pour la deuxième année consécutive, les ventes de livres en France ont baissé en 2018, et tous les circuits de distribution sont touchés. Seuls les livres jeunesse, BD et poche sont en progression. 

Les ventes de livres ont baissé en 2018 pour la deuxième année consécutive, enregistrant même la plus forte baisse depuis dix ans, selon une étude à paraître vendredi dans le magazine professionnel Livres Hebdo. Les ventes de livres ont reculé de 1,7% l'an dernier par rapport à l'année précédente. L'année 2018 a été plombée par un très mauvais second semestre, analyse Livres Hebdo. Comparé au commerce, qui ne recule que de 0,2% en 2018, le livre est à la traîne. Si l'on excepte 2015 et 2016, le marché n'a cessé d'être en baisse depuis 2010. 

BD, jeunesse et format poche en hausse. Tous les circuits de distribution sont touchés, même si les grandes surfaces culturelles s'en sortent mieux, avec une quasi-stagnation (-0,2%). Par genre, seuls les livres jeunesse et BD/Mangas sont en hausse. Le format poche s'en tire bien également, avec des ventes en légère progression. Cette contraction du marché intervient alors que la production s'est stabilisée et que le prix des livres progresse peu, et moins que l'indice général de l'Insee, a constaté le magazine.

De nouvelles concurrences dans l'ère du temps. Avant même la publication de ces chiffres, le président du Centre national du livre (CNL), Vincent Monadé, constatait le 21 janvier, lors de ses vœux, que "l'année 2018 ne restera pas comme un grand millésime pour le livre". Une analyse partagée par le président du Syndicat national de l'édition (SNE), Vincent Montagne, qui évoquait lui aussi "une année en demi-teinte", le 10 janvier. La baisse de la lecture s'explique, selon Vincent Monadé, par "des raisons conjoncturelles", mais surtout parce que "le temps consacré à la lecture au quotidien ne cesse de reculer". "Concurrence des loisirs, émergence des réseaux sociaux, du jeu vidéo, des séries... L'explosion de l'offre culturelle produit ses effets. À notre détriment", a déploré le président du CNL.