Vincent Lambert : la justice valide la procédure d'arrêt des soins

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Vincent Lambert se trouve dans un état végétatif depuis dix ans.
Vincent Lambert se trouve dans un état végétatif depuis dix ans. © AFP/COURTESY OF THE LAMBERT FAMILY
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La justice a affirmé jeudi que le maintien des soins de Vincent Lambert, dans un état végétatif depuis dix ans, constitue une "obstination déraisonnable", et ouvre la voie à un arrêt des traitements. 

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, dans la Marne, a confirmé jeudi "l'obstination déraisonnable" faite à Vincent Lambert, dans un état végétatif depuis dix ans, ouvrant ainsi la voie à la procédure d'arrêt des soins voulue par le CHU de Reims. "Il résulte (...) que le maintien des soins et traitements constitue une obstination déraisonnable" et "que la volonté de Vincent Lambert de ne pas être maintenu en vie dans l'hypothèse où il se trouverait dans l'état qui est le sien depuis dix ans, est établie", affirme l'ordonnance.

"Maintien artificiel de la vie du patient". Les parents du patient, fermement opposés à sa fin de vie par arrêt des traitements, avaient déposé une requête en urgence, pour tenter de suspendre la décision collégiale du CHU, prise le 9 avril 2018. Mais le Dr Vincent Sanchez a eu raison de retenir que "le maintien des soins et traitements qui sont prescrits à Vincent Lambert, dont l'alimentation et l'hydratation font partie, n'a pour effet que le seul maintien artificiel de la vie du patient", poursuit cette ordonnance de référé. L'état "irréversible" du patient tétraplégique de 42 ans, père de famille, a été souligné par deux expertises judiciaires, en 2014 puis en 2018.

La famille peut faire appel. Dans ces conditions, la décision du médecin n'est "pas contraire aux prescriptions" posées par la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie, reprises dans le Code de la santé publique, a souligné le tribunal administratif dans un communiqué. La mise en oeuvre effective de l'arrêt des soins demeure cependant incertaine : les parents du patient avaient en effet annoncé qu'ils feraient appel devant le Conseil d'Etat si leur requête était rejetée.