«S'il faut venir un mois de plus, je viendrai» : sur l'A64, la colère des agriculteurs ne faiblit pas après quatre semaines de mobilisation
Un mois après le début du mouvement, des dizaines d'agriculteurs sont encore présents sur le barrage de Carbonne, sur l'A64, qui relie Toulouse à Bayonne. Malgré le vote du Mercosur la semaine dernière, ces derniers restent mobilisés pour crier leur colère et leurs inquiétudes face à l'avenir. Europe 1 s'est rendue sur le camp, à la rencontre de ceux qu'on appelle les ultras.
C'est l'un des bocages les plus emblématiques de la révolte agricole : le barrage de Carbonne, près de Toulouse. Sur l'A64, des agriculteurs sont mobilisés depuis un mois pour dénoncer l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur.
Ici, une centaine d'agriculteurs a emménagé un véritable lieu de vie, sous un pont enjambant l'autoroute. "Ici, c'est le chapiteau, là c'est la tente et là, c'est la cuisine", présente au micro d'Europe 1, Thibault, mobilisé sur le campus depuis le début. "Ici, on a un espace qui sert pour les réunions et qui fait office de dortoir. Ce n'est pas tous les jours facile? mais il faut positiver", poursuit-il.
Une bataille de perdue, pas la guerre
Mais positiver en ce moment, c'est difficile pour certains agriculteurs. "J'ai le moral dans les chaussettes en ce moment, avec cette histoire de Mercosur, mon petit-fils va manger de la merde. C'est aussi pour ça que je viens", confie Laurent.
"Moi, j'ai autre chose à faire que de venir au barrage. Le temps presse et les retards s'accumulent à la ferme. J'ai beaucoup de paperasse. Mais s'il faut venir encore un mois de plus, je viendrai", affirme, de son côté Marc, éleveur.
Car même si les ultras ont perdu la bataille du Mercosur, un autre combat les anime désormais : la fin des abattages massifs dans les cheptels touchés par la dermatose bovine. Raison pour laquelle les chapiteaux, et autres bottes de paille resteront ici, sans doute encore plusieurs semaines.