Œufs : pourquoi les rayons sont-ils si souvent vides ?
Si vous avez récemment fait vos courses et tenté d’acheter des œufs, vous avez peut-être été confronté à des rayons clairsemés, voire totalement vides. La semaine dernière, toutes les enseignes ont subi des ruptures d’approvisionnement. Un phénomène de plus en plus fréquent.
Dans les rayons de ce supermarché parisien, quelques boîtes d’œufs ont enfin fait leur réapparition sur les étagères. Une situation presque inhabituelle pour les clients. "Ça fait quinze jours, trois semaines qu’il n’y en avait pas", raconte Jacques, panier à la main.
Une demande en hausse
Comme lui, de nombreux consommateurs peinent à trouver ce produit de base. Malgré un réapprovisionnement récent, les stocks restent limités et insuffisants pour répondre à la demande. "C’est un peu galère, surtout quand on veut faire une galette. C’est un produit simple, pas trop cher et qui permet de faire beaucoup de choses", explique Bruno.
Brigitte, elle aussi frustrée, témoigne : "Je voulais absolument me faire une omelette et je n’arrivais pas à trouver des œufs. Ça m’énervait".
“On a extraordinairement complexifié les procédures de création de nouveaux bâtiments d’élevage”
En cause, d’abord, les fortes chutes de neige de la semaine dernière, qui ont fortement ralenti les livraisons. Un épisode climatique qui a mis en lumière la fragilité des chaînes d’approvisionnement. Mais le problème est plus profond. La consommation d’œufs en France a fortement augmenté ces dernières années, notamment en raison de leur prix abordable et de leurs qualités nutritionnelles. Face à cette hausse de la demande, l’offre peine à suivre.
Un retard dû en partie à des normes de plus en plus contraignantes, selon Philippe Goetzmann, consultant en grande consommation. "On a extraordinairement complexifié les procédures de création de nouveaux bâtiments d’élevage. À chaque fois que les agriculteurs veulent en implanter un, ils doivent faire face à des enquêtes publiques et parfois à des pétitions", explique-t-il.
Selon les coopératives agricoles, plusieurs années sont désormais nécessaires pour ouvrir un nouvel élevage, ce qui limite fortement la capacité de production. Une situation qui pourrait encore durer, au grand désespoir des consommateurs.