Attal 3:09
  • Copié
Gauthier Delomez , modifié à
Dans "Europe Matin" mardi, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal remet en cause la position de Xavier Bertrand, candidat à l'investiture des Républicains pour la présidentielle, qui fustige les accords du Touquet. "Je suis assez surpris de (sa) capacité à tirer à boulets rouges sur le bilan et l'héritage de Nicolas Sarkozy", affirme-t-il.
INTERVIEW

Une déclaration politique qui n'est pas anodine à quelques jours du congrès d'investiture des Républicains pour l'élection présidentielle. Invité dans Europe matin mardi, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a remis en cause la position de Xavier Bertrand, l'un des cinq candidats du congrès, qui demande le retrait des accords du Touquet et dénonce les atermoiements de l'exécutif. "Je suis assez surpris de (sa) capacité à tirer à boulets rouges sur le bilan et l'héritage de Nicolas Sarkozy", a-t-il répondu sur Europe 1.

Nicolas Sarkozy avait négocié les accords du Touquet en 2003

Le porte-parole du gouvernement rappelle que c'est Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, qui avait négocié ces accords avec son homologue britannique en 2003. Ceux-ci placent la frontière entre la France et le Royaume-Uni sur les côtes françaises, ce qui oblige les autorités de l'Hexagone à renforcer les contrôles. Des accords critiqués aujourd'hui alors que des migrants ont péri dans la Manche en tentant de rejoindre le Royaume-Uni. "Il faut se souvenir de ce que c'était avant que Nicolas Sarkozy conclut ces accords, c'était Sangatte. Jusqu'à des dizaines de milliers de migrants étaient stationnés en France", rappelle Gabriel Attal au micro de Sonia Mabrouk.

"Dire que dénoncer ces accords permettrait de régler les problèmes, c'est faux"

Le jeune secrétaire d'État explique qu'il est possible de se retirer des accords du Touquet, sans le dénoncer, grâce à "une disposition qui prévoit la possibilité d'en sortir", explique-t-il. "Pour en sortir, il faut deux ans. Donc, quand Xavier Bertrand explique que dénoncer les accords du Touquet permettrait de régler ces problèmes, c'est faux", assène Gabriel Attal. Et même si le comportement du Premier ministre britannique Boris Johnson envers la France pose question, le porte-parole du gouvernement préfère "respecter les engagements".

 

"Ils régulent l'immigration régulière et le tourisme"

Ensuite, l'ancien député des Hauts-de-Seine estime qu'un retrait de ces accords ne serait pas efficace. "Ils régulent l'immigration régulière et le tourisme. En les dénonçant, y aurait-il moins ou plus de migrants qui traverseraient la France pour aller au Royaume-Uni ? Ben non, on le sait", affirme-t-il, en poursuivant, au contraire, que le pays "est de plus en plus efficace" pour lutter contre les passeurs. "On a interpellé 1.500 passeurs, mais les gros bonnets ne sont souvent pas en France. C'est pour cela qu'on a besoin d'une coopération européenne".

Un Royaume-Uni trop "attractif" pour les migrants

C'est en ce sens qu'une réunion s'est tenue dimanche, à Calais, sans les Britanniques. Toutefois, Gabriel Attal le confirme : "Le Premier ministre (Jean Castex, NDLR) va écrire à Boris Johnson pour lui proposer un accord, un traité entre le Royaume-Uni et l'Union européenne".

Le porte-parole du gouvernement pointe aussi du doigt le fait que la Grande-Bretagne soit trop "attractive" pour les migrants, ce qui les pousse à vouloir traverser, au risque de leur vie, la Manche. "60% des migrants présents à Calais pourraient prétendre au droit d'asile selon les critères européens, mais il y en a moins de 5% qui le demandent. Pourquoi ? Parce que quand ils vont au Royaume-Uni, ils peuvent travailler un salaire de misère et ils ne seront pas expulsés. Ils ont deux fois plus de clandestins que chez nous, et ils en expulsent trois fois moins", conclut Gabriel Attal.