Le bras de fer se tend entre Bruxelles et Paris: la Commission européenne a martelé lundi son intention de signer l'accord de libre-échange avec le Mercosur dans les jours qui viennent, en dépit des appels de la France à reporter les décisions.
Paris demande le report de la décision européenne
L'Élysée et Matignon haussent le ton à ce stade. "Le compte n'y est pas pour protéger les agriculteurs français", fait savoir l'entourage d'Emmanuel Macron. Paris demande officiellement le report de la décision européenne à 2026. Dans un communiqué, Matignon reconnaît que la Commission a fait des gestes ces derniers mois avec notamment une clause de sauvegarde agricole, des annonces sur le renforcement des contrôles sanitaires et des mesures dites "miroirs".
Pour le gouvernement, ces avancées restent insuffisantes. La France refuse de se prononcer "sur la base de simples annonces" estimant que ces dispositifs doivent d'abord être concrétisés, votés et opérationnels.
Sommet du Mercosur ce week-end
Même ligne du côté de Bercy, le ministre de l'Economie Roland Lescure répète que le traité n'est pas acceptable en l'état actuel. En face, la commission maintient son calendrier. Sa présidente Ursula von der Leyen vise toujours une signature de l'accord le week-end du 20 et 21 décembre au Brésil lors du sommet du Mercosur.
Cette semaine, les États membres de l'Union peuvent théoriquement passer en force à la majorité qualifiée sans l'accord de la France.