2016, année pré-présidentielle, s'annonce chargée

© JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
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Sans élections majeures, l’année 2016 s’annonce tout de même chargée sur la scène politique. Avec en point d’orgue la primaire des Républicains, qui s’annonce sanglante. 

Après deux années très riches en élections (européennes et municipales en 2014, départementales et régionales et 2015), les électeurs  vont pouvoir souffler. Du moins ceux qui daignent se déplacer aux urnes. Certains, tout de même, vont devoir glisser un bulletin dans l’urne, mais l’essentiel de l’actualité politique en 2016 se situera ailleurs. Au Parlement, pour une part, et rue Vaugirard, au siège des Républicains, pour l’autre. Car dans quelques mois, le grand parti de la droite et le centre devront désigner leur candidat lors d’une primaire, qui constituera sans doute le point d’orgue d’une année politique chargée. Comme toujours. 

  • Primaire des Républicains : ça va saigner !

En matière de déchirements sur la place publique, l’expertise de la droite n’est plus à démontrer. En la matière, la primaire des Républicains, en vue de désigner le candidat à l’élection présidentielle de 2017, promet beaucoup. Pléthore de candidats potentiels, incertitude sur la ligne politique à adopter, et surtout détestation cordiale entre les impétrants : tous les ingrédients sont réunis pour faire du rendez-vous un must en matière de psychodrame politique. Après les duels Chirac-Giscard, Sarkozy-Villepin ou, plus récemment, Copé-Fillon, ce cru 2016 pourrait être une nouvelle guerre des chefs dont la droite a le secret.

Si la violence des débats et des attaques ne font guère de doutes, des incertitudes demeurent, toutefois, quant aux acteurs. Alain Juppé, François Fillon, Hervé Mariton, Nadine Morano et Jean-Frédéric Poisson (proche de Christine Boutin) ont annoncé qu’ils en seront (à condition de réunir les parrainages suffisants : 20 parlementaires, 2.500 adhérents et 250 élus sur au moins 30 départements). Sauf rebondissements, Nicolas Sarkozy  sera lui aussi de la partie, avec Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire. Pourraient s’ajouter à ce beau monde Jean-François Copé, qui termine sa traversée du désert, et un centriste, Hervé Morin ou Jean-Christophe Lagarde, histoire de rappeler que les primaires (si, si) seront "ouvertes". Bref, une bonne dizaine de candidats potentiels. Alléchant…

  • Etat d’urgence et révision constitutionnelle

Depuis le 13 novembre, la France vit sous le régime d’état d’urgence. La loi votée le 26 novembre dernier permet que cette situation dure jusqu’au 26 février. Mais le gouvernement souhaite aller plus loin. En prolongeant de nouveau l’état d’urgence, d’abord, en l’inscrivant dans la Constitution ensuite. Cette révision constitutionnelle occupera probablement une grande place dans l’espace médiatique en début d’année 2016. Sur son contenu d’abord, puisqu’outre l’état d’urgence, la déchéance de nationalité devrait encore faire débat. Sur ses modalités d’adoption ensuite, car François Hollande aura besoin de la majorité des 2/3 au Congrès (Assemblée et Sénat réunis), pour faire adopter cette révision. Le président de la République devra faire montre de toute son habileté politique. Certes, il est expert en la matière, mais c’est quand même loin d’être gagné.

  • Les parlementaires au travail

D’ordinaire, la dernière année d’un quinquennat est plutôt calme niveau projets de loi gouvernementaux. Las, pour les parlementaires qui comptaient se tourner les pouces, ce ne sera pas le cas cette fois-ci. Au contraire, l’année parlementaire s’annonce chargée. Loi Macron 2 (dite "Noé", pour "Nouvelle opportunités économiques"), Loi El Khomri sur la simplification du Code du travail, nouvelles mesures contre le chômage - annoncées par le Premier ministre après les régionales - nouvelle loi sur la sécurité... les grands chantiers ne manqueront pas. Avec autant de raisons pour l’opposition de s’indigner et pour les ministres de faire de la pédagogie dans les médias. Après les régionales, la classe politique a juré qu'elle changerait ses pratiques. Pas gagné. 

  • Des élections, quand même

Que les accrocs du bulletin de vote se rassurent. Certains d’entre eux auront quand même l’occasion d’aller voter. Le début d’année devrait en effet être marqué par des élections législatives partielles, rendues nécessaires par les résultats des élections régionales. Plusieurs élus ont d’ores et déjà fait savoir qu’ils abandonneraient leur mandat parlementaire, qu’ils soient contraints par la loi sur le non-cumul des mandats ou pas. C’est le cas de Valérie Pécresse (Yvelines), de Christian Estrosi (Alpes-Maritimes), de Xavier Bertrand (Aisne), d’Hervé Morin (Eure), de Gérald Darmanin (Nord) et de François Sauvadet (Côte d’Or). Au moins six législatives partielles donc qui, si elles ne changeront pas la face de l’Assemblée, seront tout de même scrutées par les états-majors. Car elles constitueront les dernières consultations d’électeurs avant le grand rendez-vous de 2017.