Loto du patrimoine : les 18 "sites emblématiques" ont été choisis

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Le fort Cigogne, dans le Morbihan, fait parti des monuments sélectionnés.
Le fort Cigogne, dans le Morbihan, fait parti des monuments sélectionnés. © MARCEL MOCHET / AFP
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Pour la ministre de la Culture Françoise Nyssen, il y a "un critère d'urgence, en fonction de leur état de péril et de la possibilité de commencer rapidement les travaux".

La maison de Pierre Loti, le Fort Cigogne...Le ministère de la Culture a choisi les 18 "sites emblématiques" qui seront aidés en priorité par le nouveau loto du patrimoine, a-t-on appris auprès du ministère, confirmant une information du Figaro. Sur un total de 270 "monuments en péril", le ministère a notamment retenu la maison de l'auteur de Pêcheur d'Islande à Rochefort en Charente-Maritime, le Fort Cigogne dans l'archipel des Glénan ou la Maison rouge de Saint-Louis de La Réunion. Ces monuments figureront sur les billets de loterie vendus 15 euros l'unité à l'approche des Journées du patrimoine, au mois de septembre.

Un monument par région. "Nous voulions un monument emblématique par région, en métropole et Outre-mer", a expliqué la ministre de la Culture Françoise Nyssen au Figaro. Les monuments devaient également représenter les "différentes facettes" du patrimoine (religieux, industriel...). Il y a avait aussi "un critère d'urgence, en fonction de leur état de péril et de la possibilité de commencer rapidement les travaux", selon la ministre. 

Recette estimée entre 15 et 20 millions d'euros. L'hôtel de Polignac à Condom dans le Gers, la maison d'Aimé Césaire à Fort-de-France en Martinique ou la Rotonde Montabon dans la Sarthe font aussi partie de ces monuments "emblématiques". Les recettes du loto, estimées par le gouvernement entre 15 et 20 millions d'euros (pour un budget total du patrimoine de 326 millions d'euros), seront affectées à un fonds spécifique baptisé "Patrimoine en péril". L'Etat prévoit d'organiser un deuxième tirage dès 2019, a affirmé la ministre. Le président de la république Emmanuel Macron doit recevoir jeudi les 270 heureux élus de ce "loto du patrimoine".

Les 18 monuments en péril choisis :

  • Ancien Hôtel-Dieu, Château-Thierry (Aisne)

Cet ancien hospice de briques rouges et de pierres calcaires a été fondé en 1304 par la reine Jeanne de Navarre. Reconstruit aux 17e et 19e siècles et géré jusque dans les années 1960 par les sœurs augustines. Sa réhabilitation en musée de l'histoire hospitalière nécessite plus de 7,5 millions d'euros de travaux.

  • Château de Carneville, Carneville (Manche)

Ce château du 18e siècle avec jardin symétrique, plan d'eau et arboretum est classé depuis 1975, notamment pour ses façades et toitures et certaines pièces avec leur décor. Racheté en 2012 par un jeune homme "amoureux du patrimoine", il est également soutenu par une association qui veut le restaurer et l'embellir.

  • Théâtre des Bleus de Bar, Bar-le-Duc (Meuse)

A Bar-le-Duc, le "Théâtre des Bleus de Bar", construit en 1900 en béton armé par un commerçant, a été racheté aux enchères par une oeuvre catholique. Trois Meusiens s'investissent depuis 2015 dans la réhabilitation de ce théâtre à l'italienne dont le coût est estimé à 1,6 million d'euros.

  • Villa Viardot, Bougival (Yvelines)

Construite en 1830, cette villa de style palladien avait été rachetée en 1874 par l'écrivain russe Ivan Tourgueniev. Elle fut habitée par la cantatrice Pauline Viardot qui y tenait salon, recevant les écrivains et les grands compositeurs de l'époque. Un projet de Centre européen de musique englobant la villa Viardot, la datcha et la villa Bizet toute proche est en cours d'élaboration.

  • Château de Bussy-Rabutin, Bussy-le-Grand (Côte-d'Or)

Ce château de style Renaissance fut la propriété du comte Roger de Bussy-Rabutin (1618-1693), militaire, écrivain et pamphlétaire. Mis à l'écart par Louis XIV pour ses écrits décrivant les frasques de la cour, il décora son château d'environ 500 portraits aux commentaires parfois caustiques des membres les plus importants de la cour. Classé monument historique depuis 1862, le château fut racheté par l'Etat en 1929.

  • Rotonde ferroviaire de Montabon (Sarthe)

Construite en 1891, cette rotonde ferroviaire pour locomotives est aujourd'hui la dernière à présenter des dispositions aussi proches de l'état d'origine. Sauvé par un particulier d'une destruction programmée par la SNCF, le site est classé depuis 2010.

  • Fort-Cigogne, Fouesnant (Finistère)

Construit à partir de 1755 sur l'îlot rocheux éponyme, cet ancien fort militaire protégeait l'archipel des Glénans des incursions de navires corsaires anglais et hollandais. Resté inachevé et classé depuis 2013, il est aujourd'hui utilisé par les stagiaires du centre nautique des Glénans.

  • Eglise Notre-Dame, La Celle-Guénand (Indre-et-Loire)

Classée monument historique en 1908, l'église, dont la nef date du 12e siècle, est renommée pour sa façade romane avec une porte centrale flanquée de deux arcades aveugles. "Un petit miracle", selon le maire de la commune, Alain Morève.

  • Maison de Pierre Loti, Rochefort (Charente-Maritime)

Chambre arabe, salon turc, mosquée, salle gothique : derrière la façade banale d'une rue de Rochefort, la maison de l'écrivain voyageur Pierre Loti (1850-1923) regorge de trésors orientalisants, mais ses portes restent closes depuis cinq ans dans l'attente d'un très onéreux chantier de rénovation.

  • Aqueduc romain du Gier et pont-siphon de Beaunant, Chaponost et Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône)

L'aqueduc romain du Gier est l'un des quatre ouvrages qui alimentaient en eau la ville de Lugdunum. Captant l'eau du Gier (Loire), il la transportait sur 86 kilomètres jusqu'à la colline de Fourvière, cœur de la cité romaine à la confluence de la Rhône et de la Saône. Quelques morceaux de l'ouvrage sont toujours visibles aujourd'hui, notamment 72 arches à Chaponost, aux portes de Lyon.

  • L'hôtel de Polignac, Condom (Gers)

Classé monument historique depuis 1990, l'hôtel de Polignac, édifié le long des remparts de Condom entre 1773 et 1777 et achevé peu avant la Révolution, recevra 780.000 euros pour la réfection de ses façades de calcaire blond. Autrefois tribunal d'instance, l'édifice abrite aujourd'hui une école élémentaire publique.

  • Pont d'Ondres, Thorame-Haute (Alpes-de-Haute-Provence)

Ouvrage en pierres de taille composé de deux arches, le pont d'Ondres, long de 41 mètres, date de la fin du 17e siècle et enjambe le Verdon au niveau de Thorame-Haute (Alpes-de-Haute-Provence). Il a été classé monument historique en 1977.

  • Couvent Saint-François, Pino (Haute-Corse)

Cet ancien monastère franciscain construit en 1486 est vide depuis le début des années 1970 après avoir accueilli de 1952 à 1967 une école privée catholique. Des travaux de rénovation ont débuté en 2008 sous l'égide de la municipalité, aidée à partir de 2012 par la Fondation du patrimoine.

  • Maison d'Aimé Césaire, Fort-de-France (Martinique)

La maison du poète, dramaturge et homme politique date des années 1930. L'Institut Césaire compte en rénover la toiture, le mur d'enceinte et les jardins et transformer une partie de la propriété en musée.

  • Habitation Bisdary, Gourbeyre (Guadeloupe)

Construite au 18e siècle par des Jésuites, l'habitation sucrière Bisdary a été plusieurs fois endommagée au cours des siècles par des incendies et ouragans. Son aqueduc, son mur de soutènement et sa terrasse sont inscrits aux monuments historiques depuis 2007.

  • Maison du receveur des douanes, Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane)

Ossature de bois et remplissage en briques, ce bâtiment, construit autour d'un jardin à la française, apparaît en 1870 sur les plans de la ville de Saint-Laurent du Maroni. La Maison du receveur des douanes est inscrite au registre des monuments historiques en mars 2016.

  • Maison Rouge, Saint-Louis (La Réunion)

Cet ancien domaine cafétier, céréalier puis sucrier du 18e siècle, est classé depuis 2004. Il est prisé pour son organisation spatiale, qui permet d'observer les développements successifs du domaine. Il abrite aujourd'hui le Musée des Arts décoratifs de l'Océan Indien.

  • L'usine sucrière de Soulou, M'Tsangamouji (Mayotte)

Les 400 hectares du domaine de Soulou abritent une ancienne usine sucrière et une exploitation. Créé en 1856, le domaine a été en grande partie détruit 32 ans plus tard par un cyclone. On y trouve encore moulin à canne, hydroextracteurs et autres engins nécessaires à cette industrie.